Extract notice to the Minister
Tevimbra (carcinome du nasopharynx)
Name of the manufacturer : BeiGene
Form : Sol. Perf. I.V. (fiole)
Dosage : 10 mg/ml (10 ml)
Indication : Carcinome du nasopharynx (association avec la gemcitabine et un sel de platine)
INESSS' Recommendation
Inscription – Sous conditions
Minister's decisions
Surseoir à la décision (2026-04-01)
Evaluation published on April 01, 2026
INESSSid: 26928
Recevable on July 01, 2025
Download Advice to minister about Tevimbra (carcinome du nasopharynx)
Le carcinome du nasopharynx (CNP) est un sous-type rare de cancer de la tête et du cou qui apparaît lorsque certaines cellules situées au fond du nez, dans une région appelée nasopharynx, commencent à se multiplier de façon anormale. Il touche particulièrement les personnes d’origine asiatique, nord-africaine ou inuite, et davantage les hommes que les femmes. Lorsque le CNP est encore limité à la région autour de la tumeur (localement avancé), il peut être traité dans un but de guérison grâce à une combinaison de chimiothérapie et de radiothérapie, appelée chimioradiothérapie. En revanche, si la maladie réapparait à un stade avancé ou qu’elle s’est propagée ailleurs dans le corps (métastases), les traitements ne permettent plus de guérir, et l’espérance de vie dépasse rarement 5 ans.
Actuellement, les patients dans ces situations reçoivent généralement une chimiothérapie à base de gemcitabine et de cisplatine, qui peut parfois être poursuivie par la gemcitabine seule, selon leur état. Si la maladie continue de progresser malgré ce traitement, il n’existe pas de traitement standard. Il peut alors leur être proposé de reprendre le même traitement si celui‑ci avait bien fonctionné, ou d’utiliser d’autres chimiothérapies, administrées par comprimés ou par voie intraveineuse, selon le cas.
Le tislélizumab (TevimbraMC) est une immunothérapie qui permet au système immunitaire de s’attaquer au cancer. Il s’administre par voie intraveineuse. Ce médicament est donné en ajout à la chimiothérapie gemcitabine/cisplatine, puis poursuivi seul par la suite jusqu’à ce que le cancer progresse. Il vise à ralentir la progression de la maladie et à prolonger la vie tout en conservant la qualité de vie des patients.
L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du tislélizumab en association avec la chimiothérapie repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats de cette étude démontrent que l’association tislélizumab et chimiothérapie retarde la progression de la maladie et entraîne une réduction de la taille de la tumeur chez un pourcentage plus élevé de patients que la chimiothérapie seule. Cependant, il n’est pas certain que ce traitement puisse prolonger la vie des patients en comparaison de la chimiothérapie. Globalement, l’ajout du tislélizumab à la chimiothérapie entraîne un peu plus d’effets secondaires, notamment d’ordre immunologique (par exemple, troubles de la thyroïde et problèmes de peau). Ces événements peuvent toutefois être adéquatement pris en charge par du personnel formé puisqu’ils s’apparentent à ceux d’autres immunothérapies utilisées pour traiter plusieurs autres cancers. L’ajout du tislélizumab à la chimiothérapie ne semble pas détériorer la qualité de vie des patients.
Le coût de traitement du tislélizumab est élevé et s’ajoute à celui de la chimiothérapie. De plus, ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport à la chimiothérapie seule n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’inscription du tislélizumab entraînerait des dépenses additionnelles inférieures à 10 millions de dollars sur le budget des établissements de santé.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patientes et leurs proches, de retarder la progression de la maladie et de conserver une bonne qualité de vie, et ce, le plus longtemps possible. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser TevimbraMC pour le traitement du carcinome du nasopharynx récidivant ou métastatique à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.