Extract notice to the Minister

Redemplo (Syndrome de chylomicronémie familiale)

Common name / Subject : plozasiran
Name of the manufacturer : Arrowhead Pharmaceuticals Inc.
Form : Sol. Inj. S.C. (ser)
Dosage : 50 mg/ml (0,5 ml)

Indication : Traitement du syndrome de chylomicronémie familiale (SCF) afin de réduire le taux de triglycérides (TG)

INESSS' Recommendation
Refus d’inscription – Ensemble des aspects

Minister's decisions
À venir

Evaluation published on July 15, 2026

INESSSid: 29088
Recevable on February 02, 2026

Download Advice to minister about Redemplo (Syndrome de chylomicronémie familiale)

Extrait d'avis à la ministre sur Redemplo 785 KiO

Le syndrome de chylomicronémie familiale (SCF) est une maladie généralement associée à des variants pathogènes de gènes participant au métabolisme d’un type de lipide nommé triglycérides (TG) pouvant être identifiés par des tests génétiques. Il n’est pas attribué à des causes secondaires comme l’obésité ou le diabète. Son diagnostic peut aussi être posé sur la base de caractéristiques cliniques, en l’absence de confirmation génétique. Il s’agit d’une maladie rare dans le monde. En raison d’un effet fondateur, la maladie serait plus fréquente dans certaines régions du Québec comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean et Charlevoix. Le diagnostic, confirmé par des tests génétiques chez la majorité des patients, est généralement posé avant l’âge adulte. Le SCF clinique, qui n’est pas confirmé génétiquement, peut être difficile à distinguer d’un syndrome de chylomicronémie multifactorielle (SCM), maladie similaire fréquente se présentant à l’âge adulte et dont l’apparition est déclenchée par des causes secondaires.

Le SCF est caractérisé par une hypertriglycéridémie grave et une chylomicronémie, c’est-à-dire respectivement, par des taux sanguins très élevés de TG et de molécules qui les transportent, appelées chylomicrons. Les signes et symptômes causés par le SCF sont non spécifiques et variés. Ils incluent principalement des douleurs abdominales fréquentes, des nausées ou vomissements, une accumulation de gras dans l’œil ou sous la peau, des épisodes d’inflammation aigüe du pancréas (appelée pancréatite) ou une augmentation du volume du foie ou de la rate. Les pancréatites aigües sont la complication la plus grave du SCF, car elles entraînent des conséquences importantes (p. ex., hospitalisation, lésion grave du pancréas ou réduction de sa fonction) et peuvent être mortelles. La majorité des patients atteints du SCF subira au moins une pancréatite au cours de sa vie. Il n’est pas possible de prédire leur survenue, mais la réduction du taux sanguin de TG en réduirait le risque.

Au Québec, la prise en charge du SCF repose sur un régime alimentaire strict faible en gras (équivalent à 1 c. à soupe d’huile par jour) et l’abstinence de consommation d’alcool. Indispensable à la prise en charge, ce régime s’avère difficile à suivre pour la plupart des personnes et ne permet pas d’éliminer complètement le risque de pancréatite. Tout écart à ce régime alimentaire, même léger, peut causer un pic de TG qui peut mener à une pancréatite. 

Le plozasiran (RedemploMC) est un médicament qui réduit la production d’une protéine qui participe au métabolisme des lipides et diminue les taux sanguins de TG. Il s’agit d’une solution qui s’injecte sous la peau une fois tous les 3 mois chez les adultes atteints du SCF, confirmé par un diagnostic génétique ou clinique, en complément du régime alimentaire. À titre informatif, il s’agit du 2e médicament que l’INESSS évalue pour le SCF. L’olezarsen (TryngolzaMC), médicament qui agit de façon similaire au plozasiran et qui s’administre 1 fois par mois sous la peau, a récemment fait l’objet d’une évaluation par l’INESSS pour les personnes ayant un diagnostic de SCF génétique seulement (INESSS 2026). Actuellement, il n’est pas inscrit sur les Listes des médicaments, la ministre ayant sursis à sa décision. 

L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du plozasiran repose sur une étude de bonne qualité, réalisée chez des adultes ayant un SCF, confirmé par diagnostic génétique ou clinique. Ses résultats indiquent que le plozasiran, utilisé en complément du régime alimentaire, réduit les taux sanguins de TG de façon plus importante qu’un placebo. Ils indiquent aussi que les patients traités avec le médicament subissent moins d’épisodes de pancréatite. Ces résultats ont été jugés dans l’ensemble cliniquement significatifs par les cliniciens consultés. Cependant, certains notent qu’il existe une incertitude quant à l’influence sur les résultats que pourraient avoir eu certains facteurs comme l’alimentation ou la consommation d’alcool, qui n’ont pas été documentés dans l’étude. Cette influence pourrait être plus importante pour les patients ayant un SCF clinique, puisque ceux-ci présentent des caractéristiques cohérentes avec un SCM, une maladie difficile à distinguer d’un SCF clinique, dont l’apparition est précipitée par des causes secondaires modifiables. Des données exploratoires suggèrent que certains aspects de la qualité de vie des patients pourraient être améliorés avec le plozasiran, mais l’importance clinique de ces résultats est incertaine. 

Il s’agit d’un médicament qui apparait somme toute bien toléré ; une augmentation des marqueurs du métabolisme du sucre et des paramètres de la fonction du foie a cependant été observée plus fréquemment chez les patients recevant le médicament comparativement au placebo. La portée de ces observations, surtout dans le contexte de l’utilisation à long terme du médicament ou chez des patients ayant des facteurs de risques les prédisposant à ces effets secondaires, n’est pas définie actuellement. 

Le coût de traitement du plozasiran est trop élevé et s’ajoute à ceux de la prise en charge actuelle des patients. Ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure à l’égard de la prise en charge actuelle n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’inscription du plozasiran entraînerait des dépenses additionnelles jusqu’à environ 166 millions de dollars sur le budget de la RAMQ, pour traiter jusqu’à 123 patients. Par ailleurs, il est possible que le nombre de patients traités soit sous-estimé vu la difficulté à distinguer un SCF clinique d’un SCM, maladie plus fréquente ; cela augmenterait les coûts sur le budget. 

Il est possible que le plozasiran permette de réduire l’utilisation des soins de santé, particulièrement en lien avec la réduction de la survenue de pancréatites et de ses conséquences. En contrepartie, il pourrait aussi augmenter l’utilisation des ressources en santé si les effets secondaires liés au métabolisme du sucre ou à la fonction du foie nécessitent des suivis médicaux. 

L’INESSS est conscient qu’il est important, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement pouvant réduire le risque de complications liées au taux élevé de TG associé à la maladie et leur permettant de maintenir une bonne qualité de vie. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. Par conséquent, puisque le plozasiran possède un coût très élevé par rapport aux bénéfices démontrés et qu’il engendre des coûts très importants sur le budget de la RAMQ, l’INESSS recommande à la ministre de ne pas rembourser RedemploMC.

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