Extract notice to the Minister
Minjuvi (lymphome folliculaire récidivant ou réfractaire)
Name of the manufacturer : Incyte
Form : Pd. Perf. I.V. (fiole)
Dosage : 200 mg
Indication : En association avec le rituximab et la lénalidomide, traitement du lymphome folliculaire récidivant ou réfractaire de grade 1, 2 ou 3a
INESSS' Recommendation
Inscription – Sous conditions
Minister's decisions
À venir
Evaluation published on August 12, 2026
INESSSid: 28706
Recevable on December 22, 2025
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Le lymphome folliculaire est une des formes les plus fréquentes de lymphome non hodgkinien. Il apparaît habituellement chez les adultes de 50 ans ou plus et l’âge moyen lors du diagnostic est d’environ 60 ans. Bien que ce cancer entraîne des conséquences graves, il progresse généralement lentement. Un patient atteint de ce cancer peut avoir une espérance de vie de plus de 10 ans. Des médicaments sont proposés lorsque des symptômes apparaissent. Aucun des traitements proposés actuellement ne permet de guérir définitivement cette maladie et sa réapparition (rechute) à plus ou moins long terme est inévitable. Les personnes atteintes de ce cancer reçoivent donc, au cours de l’évolution de leur maladie, plusieurs traitements avec des pauses plus ou moins longues entre ceux-ci. À chaque rechute, la maladie devient de plus en plus difficile à traiter par les options thérapeutiques existantes. En 1er lieu, la plupart des patients reçoivent une immunothérapie en association avec une chimiothérapie. Lorsque ce traitement échoue ou que la maladie rechute, il n’y a pas de standard de soins reconnu. La plupart des personnes recevront alors une immunothérapie combinée à une chimiothérapie différente de celle déjà reçue, ou à un médicament qui modifie l’action du système immunitaire, la lénalidomide.
Le tafasitamab (MinjuviMC), administré par voie intraveineuse, est utilisé en association avec le protocole R², composé de la lénalidomide et du rituximab, pour traiter le lymphome folliculaire chez les patients dont la maladie a progressé ou a rechuté après au moins 1 traitement antérieur. Ce traitement s’administre sur une période d’environ 1 an.
L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du tafasitamab repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats de l’étude démontrent que l’ajout du tafasitamab au protocole R² retarde d’environ 9 mois la progression de la maladie par rapport au protocole R² sans tafasitamab. Toutefois, il est trop tôt pour savoir si ce traitement prolonge la vie. En l’absence de données comparatives fiables, il n’est pas possible de déterminer l’efficacité relative du protocole tafasitamab-R² par rapport aux autres options de traitement offertes. Lorsqu’il est donné avec le protocole R², le tafasitamab s’accompagne d’effets secondaires dont la nature est plutôt habituelle pour ce type de traitement et qui peuvent être pris en charge par les équipes traitantes. L’ajout du tafasitamab au protocole R2 ne semble pas avoir d’effet négatif sur la qualité de vie des patients, mais celle-ci ne reflète pas le fardeau des déplacements additionnels sur les patients et leurs proches.
Le coût de traitement de l’association tafasitamab-R2 est élevé. Il est supérieur à celui des autres protocoles combinant le rituximab aux chimiothérapies. Toutefois, en l’absence de données comparatives, le rapport entre son coût et son efficacité n’a pas pu être évalué comparativement à ces options de traitement. Son coût de traitement est également supérieur à celui du protocole R2 seul, et ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité, supérieur par rapport au protocole R2 seul, n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de cette nouvelle indication du tafasitamab entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 73 M$ de dollars sur le budget du système de la santé pour le traitement de 495 patients.
Le traitement du lymphome folliculaire par le tafasitamab-R² entraînerait un effet non négligeable sur les ressources du système de santé puisqu’il nécessite de nombreuses visites et prélèvements supplémentaires pendant une période de 1 an.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, de retarder la progression de la maladie et de maintenir une bonne qualité de vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser MinjuviMC pour le traitement du lymphome folliculaire, à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.