Extract notice to the Minister
Lyvdelzi (cholangite biliaire primitive)
Name of the manufacturer : Gilead
Form : Caps.
Dosage : 10 mg
Indication : Cholangite biliaire primitive
INESSS' Recommendation
Refus d’inscription – Valeur thérapeutique
Minister's decisions
Ne pas inscrire sur les listes des médicaments (2026-04-01)
Evaluation published on April 01, 2026
INESSSid: 27141
Recevable on July 21, 2025
Download Advice to minister about Lyvdelzi (cholangite biliaire primitive)
La cholangite biliaire primitive (CBP) est une maladie rare et chronique du foie, qui touche surtout les femmes de 40 à 60 ans. La cause exacte est inconnue, mais elle semble liée à une combinaison de facteurs génétiques, environnementaux et immunitaires. La maladie conduit à la destruction progressive de petits canaux situés dans le foie, qui permettent d’éliminer certaines substances comme les acides biliaires. Par conséquent, ces substances s'accumulent dans le foie, ce qui peut entrainer, à long terme et sans traitement, des dommages importants, comme la cirrhose hépatique. Au début, la CBP passe souvent inaperçue, car elle ne provoque pas toujours de symptômes. Toutefois, certaines personnes peuvent ressentir de la fatigue et des démangeaisons d'intensité parfois très élevée. À un stade avancé, des symptômes de cirrhose peuvent apparaître, comme le jaunissement de la peau et des yeux, des saignements inhabituels ou des troubles de la concentration.
Le but du traitement est de ralentir la progression de la maladie et de réduire les symptômes. Le 1er choix de traitement est l’ursodiol. S’il ne fonctionne pas assez bien, l’acide obéticholique (OcalivaMC) ou le bézafibrate (utilisé hors indication), peuvent être ajoutés. Ces médicaments peuvent également être utilisés seuls si la personne ne tolère pas l’ursodiol. Malgré ces traitements, certains patients ont encore des symptômes ou voient leur maladie hépatique s’aggraver. Il reste donc un besoin en matière de nouvelles options pour réduire les symptômes, améliorer la qualité de vie et prévenir la progression de la maladie vers des complications graves.
Le séladelpar (LyvdelziMC) agit en réduisant la production d’acides biliaires et leur accumulation dans le foie. Il vise également à diminuer l’inflammation du foie. Le médicament se prend par la bouche 1 fois par jour, en ajout à l’ursodiol ou seul, si l’ursodiol n’est pas toléré. Il a obtenu une approbation de Santé Canada à la condition que le fabricant soumette des données supplémentaires permettant de confirmer ses bénéfices cliniques.
L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du séladelpar repose sur les données d’une étude clinique. Ses résultats montrent que le séladelpar est plus efficace qu’un placebo pour améliorer certaines mesures de la fonction du foie après 12 mois de traitement. Il permet également de réduire l’intensité des démangeaisons (prurit) chez les patients présentant un prurit d’intensité modérée à grave au début de l’étude ; toutefois, aucune différence n’a été observée sur le plan de la qualité de vie par rapport au placebo. Compte tenu de la courte durée de l’étude, l’effet du séladelpar sur la survenue de complications à long terme de la maladie (par exemple, la cirrhose du foie) n’a pas été évalué. Certains effets secondaires, tels qu’une augmentation de la créatinine dans le sang (marqueur pouvant indiquer un problème rénal) et des fractures osseuses, ont été rapportés plus fréquemment chez les personnes traitées avec le séladelpar comparativement à celles ayant reçu un placebo.
Le séladelpar semble aussi efficace que les autres traitements pour la CBP pour améliorer les résultats des tests hépatiques, selon les résultats de comparaisons indirectes. Bien que ces améliorations puissent laisser penser à un effet positif sur l’évolution de la maladie, les liens entre l’amélioration des tests du foie et les complications à long terme ne sont pas encore bien établis pour la plupart des traitements. Ainsi, il reste difficile de déterminer à quel point les améliorations observées avec le séladelpar se traduiront par une réduction des complications hépatiques. Par ailleurs, certains effets secondaires, dont ceux mentionnés précédemment, préoccupent les membres du Comité délibératif permanent de l’INESSS. Par conséquent, il n’est pas clair selon eux que les avantages de ce médicament surpassent ses risques. De ce fait, l’INESSS n’est pas en mesure de reconnaître sa valeur thérapeutique du séladelpar pour le traitement de la CBP.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement. Cependant, puisque la valeur thérapeutique de LyvdelziMC n’est pas reconnue, les 4 autres aspects prévus par la loi n’ont pas été évalués. Ceux-ci sont :
- la justesse du prix ;
- le rapport entre le coût et l’efficacité du traitement ;
- les conséquences, sur la santé de la population et sur les autres composantes du système de santé, de l’inscription de ce médicament sur la liste ;
- l’opportunité de l’inscrire au regard de l’objet du régime général.