Extract notice to the Minister
Lunsumio et Lunsumio SC (lymphome folliculaire)
Name of the manufacturer : Roche
Form : Sol. Perf. I.V. (fiole); Sol. Inj. S.C. (fiole)
Dosage : I.V. (fiole): 1 mg/ml (1 ml), 1 mg/ml (30 ml); S.C. (fiole): 10 mg/ml (0,5 ml), 45 mg/ml (1 ml)
Indication : Traitement du lymphome folliculaire récidivant ou réfractaire
INESSS' Recommendation
Refus d’inscription – Ensemble des aspects
Minister's decisions
À venir
Evaluation published on August 25, 2026
INESSSid: 28440
Recevable on December 15, 2025
Download Advice to minister about Lunsumio et Lunsumio SC (lymphome folliculaire)
Le lymphome folliculaire (LF) est une des formes les plus fréquentes de lymphome non hodgkinien. Il apparaît habituellement chez les adultes de 50 ans ou plus et l’âge moyen lors du diagnostic est d’environ 60 ans. Bien que ce cancer entraîne des conséquences graves, il progresse généralement lentement. Un patient atteint de LF peut avoir une espérance de vie de plus de 10 ans. Des médicaments sont offerts lorsque des symptômes apparaissent. Aucun des traitements proposés actuellement ne permet de guérir définitivement cette maladie, et sa réapparition (rechute) à plus ou moins long terme est inévitable. Les personnes atteintes de ce cancer reçoivent donc au cours de l’évolution de leur maladie plusieurs traitements avec des pauses plus ou moins longues entre ceux-ci. À chaque rechute, la maladie devient de plus en plus difficile à traiter par les options thérapeutiques existantes. Actuellement, les patients reçoivent initialement différents traitements qui comprennent généralement une immunothérapie en association avec une chimiothérapie, mais il n’y a pas de standard de soins reconnu après l’échec de 2 traitements. Certaines personnes peuvent recevoir une immunothérapie par cellules T à récepteur antigénique chimérique (CAR T) lorsque leur état de santé le permet. Pour les patients qui ne sont pas candidats à un tel traitement, une immunothérapie combinée à un médicament qui modifie l’action du système immunitaire, le lénalidomide, est généralement utilisée (régime R2).
Le mosunétuzumab (LunsumioMC et Lunsumio SCMC) est un médicament utilisé pour le traitement du LF, chez les personnes ayant déjà reçu au moins 2 traitements antérieurs. Ce traitement permet de rapprocher les cellules immunitaires du patient des cellules cancéreuses afin de les détruire. Il existe en 2 formulations, dont l’une s’administre par perfusion intraveineuse et l’autre, par injection sous-cutanée.
L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires des 2 formulations du mosunétuzumab repose sur une étude de faible qualité, notamment puisqu’il n’est pas comparé à un autre traitement. Les résultats suggèrent qu’environ 80 % des patients obtiennent une réponse au traitement par le mosunétuzumab se traduisant par une diminution de leur maladie, et que 60 % n’ont plus de maladie détectable. L’efficacité du traitement est de longue durée. De plus, chez les personnes qui reçoivent ce traitement, la maladie semble mettre plus de temps à s’aggraver et le besoin de commencer un nouveau traitement semble survenir plus tard que ce qui est habituellement observé à ce stade de la maladie. Toutefois, en l’absence de données robustes évaluant le mosunétuzumab par rapport aux autres traitements habituellement utilisés, dont le régime R2, il est impossible de savoir avec certitude dans quelle mesure il est plus ou moins efficace que ces options. Par ailleurs, cette thérapie cause certains effets indésirables graves, comme le syndrome de relargage des cytokines, qui peut entraîner une réaction inflammatoire de grande ampleur dans tout le corps. Ces événements sont généralement d’une gravité limitée, et peuvent être adéquatement pris en charge par du personnel formé. Le mosunétuzumab peut également augmenter le risque d’infections. Malgré les incertitudes entourant son efficacité et ses effets secondaires, il est jugé raisonnable de permettre l’accès au mosunétuzumab à ce stade de la maladie, notamment considérant l’ampleur du besoin de santé et l’absence de standard de soins, particulièrement chez les patients qui ne sont pas en mesure de recevoir un CAR T. Le mosunétuzumab pourrait combler au moins partiellement le besoin de santé.
L’administration des 1res doses de mosunétuzumab nécessite une surveillance par un personnel habitué d’effectuer la prise en charge d’un syndrome de relargage des cytokines, notamment. Toutefois, contrairement à d’autres médicaments similaires, l’hospitalisation n’est pas obligatoire pour assurer cette surveillance.
Le coût de traitement du mosunétuzumab est élevé. Il est supérieur à celui du régime R2. Toutefois, le rapport entre son coût et son efficacité n’a pas pu être évalué en l’absence de données comparatives entre ces options de traitement. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’inscription du mosunétuzumab entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 21,8 M$ sur le budget du système de santé, pour le traitement de 201 patients.
L’INESSS est conscient qu’il est important, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement pouvant retarder la progression de la maladie et maintenir une bonne qualité de vie. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. Dans ce contexte, puisque les coûts de LunsumioMC et de Lunsumio SCMC sont très élevés, que l’efficience demeure inconnue notamment en raison de l’incertitude clinique découlant de l’absence de comparateur et qu’il engendre des coûts importants sur le budget des établissements de santé, l’INESSS recommande à la ministre de ne pas rembourser LunsumioMC et Lunsumio SCMC pour le traitement du LF.