Extract notice to the Minister

Loqtorzi (carcinome du nasopharynx)

Common name / Subject : toripalimab
Name of the manufacturer : Apotex
Form : Sol. Perf. I.V. (fiole)
Dosage : 40 mg/ml (6 ml)

Indication : Carcinome du nasopharynx (1re intention, association avec une chimiothérapie)

INESSS' Recommendation
Inscription – Sous conditions 

Minister's decisions
Surseoir à la décision (2026-04-01)

Evaluation published on April 01, 2026

INESSSid: 27413
Recevable on August 11, 2025

Download Advice to minister about Loqtorzi (carcinome du nasopharynx)

Extrait d'avis à la ministre sur Loqtorzi 756 KiO

Le carcinome du nasopharynx (CNP) est un sous-type rare de cancer de la tête et du cou qui apparaît lorsque certaines cellules situées au fond du nez, dans une région appelée nasopharynx, commencent à se multiplier de façon anormale. Il touche particulièrement les personnes d’origine asiatique, nord-africaine ou inuite, et davantage les hommes que les femmes. Lorsque le CNP est encore limité à la région autour de la tumeur (localement avancé), il peut être traité dans un but de guérison grâce à une combinaison de chimiothérapie et de radiothérapie, appelée chimioradiothérapie. En revanche, si la maladie réapparait à un stade avancé ou qu’elle s’est propagée ailleurs dans le corps (métastases), les traitements ne permettent plus de guérir, et l’espérance de vie dépasse rarement 5 ans. Actuellement, les patients dans ces situations reçoivent généralement une chimiothérapie à base de gemcitabine et de cisplatine, qui peut parfois être poursuivie par la gemcitabine seule, selon leur état. Si la maladie continue de progresser malgré ce traitement, il n’existe pas de traitement standard. Il peut alors leur être proposé de reprendre le même traitement si celui‑ci avait bien fonctionné, ou d’utiliser d’autres chimiothérapies, administrées par comprimés ou par voie intraveineuse, selon le cas.

Le toripalimab (LoqtorziMC) est une immunothérapie qui permet au système immunitaire de s’attaquer au cancer. Il s’administre par voie intraveineuse. Ce médicament peut être ajouté à la chimiothérapie gemcitabine/cisplatine, puis poursuivi seul pendant un maximum de 2 ans. Le toripalimab peut également être utilisé seul chez les patients qui n’ont pas déjà reçu d’immunothérapie et dont la maladie progresse pendant ou après la chimiothérapie gemcitabine/cisplatine. 

L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du toripalimab en association avec la chimiothérapie gemcitabine/cisplatine chez les patients atteints d’un CNP récidivant ou métastatique repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats montrent que l’association toripalimab/chimiothérapie retarde la progression de la maladie et prolonge la vie des patients, comparativement à la chimiothérapie seule. De plus, les résultats de l’étude montrent que l’association toripalimab/chimiothérapie entraîne une réduction de la taille de la tumeur chez un pourcentage plus élevé de patients que la chimiothérapie seule. Comme toute immunothérapie, le toripalimab peut entraîner des effets secondaires liés à l’activation du système immunitaire, notamment des dérèglements de la glande thyroïde, des réactions cutanées et des démangeaisons. Toutefois, son ajout à la chimiothérapie ne semble pas diminuer la qualité de vie des patients. 

L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du toripalimab en monothérapie chez les patients dont la maladie a progressé pendant ou après la chimiothérapie composée de gemcitabine et de cisplatine repose sur une étude de faible qualité, notamment puisqu’il n’est pas comparé à un autre traitement. Les résultats suggèrent qu’environ 1 patient sur 5 recevant le toripalimab répond à ce traitement, et que cette réponse est d’une durée approximative de 1 an. Les effets secondaires chez les patients recevant le toripalimab seul sont comparables à ceux le recevant en association avec la chimiothérapie, soit surtout des effets causés par l’activation du système immunitaire. Comme le toripalimab n’a pas été comparé aux autres traitements offerts au Québec à ce stade de la maladie, il est impossible de savoir s’il est plus efficace ou moins efficace que ceux-ci. C’est pourquoi l’INESSS n’est pas en mesure de reconnaître la valeur thérapeutique du toripalimab chez les patients atteints de CNP précédemment traités, et qu’il propose 1 recommandation distincte pour chacune des indications évaluées.

Le coût de traitement par le toripalimab en 1re intention du CNP récidivant ou métastatique est élevé et s’ajoute à celui de la chimiothérapie. De plus, ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport à la chimiothérapie seule n’est pas favorable. L’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’inscription du toripalimab entraînerait des dépenses additionnelles inférieures à 10 millions de dollars sur le budget des établissements de santé.

L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement permettant de prolonger la vie le plus longtemps possible, de retarder la progression de la maladie et de maintenir une bonne qualité de vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser LoqtorziMC pour le traitement de 1re intention du CNP récidivant ou métastatique, sans possibilité de traitement local à visée curative, à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé. Toutefois, l’Institut ne recommande pas à la ministre de rembourser LoqtorziMC pour le traitement du CNP récidivant ou métastatique sans possibilité de traitement local à visée curative et avec progression de la maladie pendant ou après une chimiothérapie à base de sel de platine et de gemcitabine, puisque la valeur thérapeutique n’est pas reconnue.

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