Extract notice to the Minister
Keytruda (cancer de l'ovaire)
Name of the manufacturer : Merck
Form : Sol. Perf. I.V. (fiole)
Dosage : 25 mg/ml (4 ml)
Indication : Cancer de l’ovaire, cancer de la trompe de Fallope ou cancer péritonéal primaire résistant aux platines
INESSS' Recommendation
Refus d'inscription - Ensemble des aspects
Minister's decisions
À venir
Evaluation published on September 22, 2026
INESSSid: 29621
Recevable on March 23, 2026
Download Advice to minister about Keytruda (cancer de l'ovaire)
Extrait d'avis à la ministre sur Keytruda (cancer de l'ovaire) 0.91 MiO
Les cancers de l’ovaire, de la trompe de Fallope et le cancer péritonéal primaire (qui touche le péritoine) sont souvent détectés à un stade avancé, évoluent rapidement et sont traités de la même façon. Des chimiothérapies à base de médicaments appelés sels de platine sont offertes, en plus d’une chirurgie lorsque cela est possible, mais il arrive fréquemment que la maladie progresse dans un court délai malgré ces traitements. La maladie est alors considérée comme étant résistante aux platines. Dans ce cas, les seules options de traitement indiquées actuellement sont d’autres chimiothérapies comme le paclitaxel, la doxorubicine liposomale, le topotécan ou la gemcitabine. La chimiothérapie est parfois combinée avec un autre médicament, le bevacizumab. Les réponses sont toutefois de courte durée et la survie attendue est d’environ 12 à 18 mois avec ces traitements.
Le pembrolizumab (KeytrudaMC) est une immunothérapie qui entraîne l’activation du système immunitaire pour qu’il puisse attaquer le cancer. Ce médicament peut être offert en ajout au paclitaxel, avec ou sans bevacizumab, aux personnes atteintes d’un cancer de l’ovaire, de la trompe de Fallope et d’un cancer péritonéal primaire lorsque la maladie est considérée comme étant résistante aux platines et lorsque les cellules cancéreuses présentent une protéine appelée Programmed death-ligand 1 (PD-L1). Il est administré par injection intraveineuse pour un traitement maximal de 2 ans.
Afin de repérer les personnes admissibles au pembrolizumab, le test de détection du PD-L1 devrait être offert dans les laboratoires québécois pour un cancer de l’ovaire, car il n’est généralement pas réalisé actuellement dans la pratique clinique pour ce type de cancer. La réalisation de l’analyse du PD-L1 pour le cancer de l’ovaire entraînerait des coûts supplémentaires et nécessiterait des changements dans l'organisation du travail des laboratoires spécialisés qui analysent ce type de cancer.
L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du pembrolizumab, en association au paclitaxel avec ou sans bevacizumab, repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats montrent que l’ajout du pembrolizumab retarde la progression du cancer et prolonge la survie comparativement au paclitaxel avec ou sans bevacizumab. L’ampleur de ces bénéfices est toutefois modeste, soit un retard d’environ 1 mois de progression de la maladie et une prolongation de la survie d’environ 4 mois. Le pembrolizumab entraîne des effets secondaires qui s’ajoutent à ceux de la chimiothérapie. Ces effets sont principalement liés à l’activation du système immunitaire et comprennent notamment des dérèglements de la glande thyroïde et des inflammations des poumons. Malgré ces effets additionnels, l’ajout du pembrolizumab ne semble pas détériorer davantage la qualité de vie des patientes. Ainsi, l’association du pembrolizumab au paclitaxel avec ou sans bevacizumab constitue une nouvelle option à ce stade de la maladie et pourrait répondre partiellement à un besoin de santé.
Le coût de traitement du pembrolizumab est trop élevé et il s’ajoute à celui des traitements habituels. Toutefois, ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patientes). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport à ces traitements n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de cette nouvelle indication du pembrolizumab entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 17,1 millions de dollars sur le budget des établissements de santé pour le traitement de 231 patientes.
L’INESSS est conscient qu’il est important, pour les patientes et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement pouvant retarder la progression de la maladie, prolonger la vie et maintenir une bonne qualité de vie. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. Dans ce contexte, puisque le coût de KeytrudaMC est très élevé par rapport aux bénéfices démontrés et qu’il engendre des coûts importants sur le budget des établissements de santé, l’INESSS recommande à la ministre de ne pas rembourser KeytrudaMC pour le traitement du cancer de l’ovaire.