Extract notice to the Minister
Joenja (SPDA)
Name of the manufacturer : Pharming Technologies BV
Form : Co.
Dosage : 70 mg
Indication : Syndrôme de la phosphoinositide 3-kinase delta activée
INESSS' Recommendation
Refus d’inscription – Ensemble des aspects
Minister's decisions
À venir
Evaluation published on October 14, 2026
INESSSid: 29996
Recevable on April 13, 2026
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Le syndrome de la phosphoinositide 3-kinase delta activée (SPDA) est une maladie génétique rare qui affecte le fonctionnement du système immunitaire. Bien que les premiers symptômes de la maladie puissent apparaître dès la petite enfance, le diagnostic est généralement posé plus tardivement grâce à des tests génétiques.
Chez les personnes atteintes, une production en trop grande quantité de cellules du système immunitaire (phénomène appelé lymphoprolifération) entraîne leur accumulation dans les ganglions, le foie ou la rate, ce qui peut augmenter le volume de ces organes. Par ailleurs, plusieurs de ces cellules ne fonctionnent pas adéquatement, ce qui réduit la capacité du système immunitaire à combattre les infections (déficit immunitaire) et peut parfois l’amener à attaquer par erreur les tissus de l’organisme (auto-immunité). Le SPDA peut entraîner des infections répétées, des problèmes gastro-intestinaux ou des dysfonctions d’organes, notamment aux poumons. Plus rarement, un lymphome peut apparaître chez certaines personnes. Ce type de cancer du système immunitaire est susceptible de diminuer l’espérance de vie. En raison de ses nombreuses manifestations, cette maladie entraîne des répercussions importantes sur la qualité de vie, la santé mentale, la participation aux activités quotidiennes ou la capacité à travailler ou à aller à l’école des personnes qui en sont atteintes.
La prise en charge du SPDA repose actuellement sur des traitements de soutien non spécifiques à la maladie, notamment des antibiotiques, des immunoglobulines (administrées par voie intraveineuse ou sous la peau) ou des immunosuppresseurs comme les corticostéroïdes, le sirolimus (RapamuneMC) ou le rituximab. Ces traitements visent à prévenir ou à traiter les infections ainsi qu'à contrôler certaines manifestations de la maladie, mais ils ne corrigent pas le mécanisme sous-jacent responsable du SPDA. Malgré leur utilisation, plusieurs personnes continuent de présenter des infections récurrentes, une lymphoprolifération persistante ou d'autres complications pouvant nuire à leur qualité de vie voire à leur survie. Il existe donc un besoin de traitements permettant de mieux contrôler les manifestations de la maladie et d'en limiter les conséquences à long terme.
Le léniolisib (JoenjaMC) est un médicament qui cible un mécanisme participant directement au SPDA en diminuant l’hyperactivité d’une protéine qui perturbe le développement et le fonctionnement des cellules immunitaires. Le léniolisib est indiqué pour le traitement du SPDA chez les personnes âgées de 12 ans ou plus et se prend par la bouche, 2 fois par jour.
L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du léniolisib repose sur une étude de bonne qualité, réalisée chez des personnes âgées de 12 ans ou plus atteintes du SPDA. Ses résultats démontrent qu’après 12 semaines de traitement, le léniolisib réduit la taille des ganglions de façon plus importante qu’un placebo. Il augmente aussi la proportion de certaines cellules du système immunitaire, ce qui suggère un développement et un fonctionnement plus normaux de ces cellules. Les données de l’étude de prolongation suggèrent que ces bénéfices se maintiennent avec un usage prolongé du médicament et qu’ils sont associés à une réduction des infections et de l’utilisation d’immunoglobulines. Bien que certaines améliorations de la qualité de vie aient été observées, leur pertinence clinique demeure incertaine. Dans l’ensemble, les résultats de l’étude ont été jugés cliniquement significatifs par les cliniciens consultés. Le léniolisib apparait également bien toléré ; aucun signal de sécurité préoccupant n’a été identifié.
Le coût de traitement du léniolisib, qui vient s’ajouter à celui des soins de soutien, est trop élevé. Ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité, laquelle est supérieure à celle des meilleurs soins de soutien, n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’inscription du léniolisib entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 13,5 millions de dollars sur le budget de la RAMQ pour le traitement de 7 patients.
Il est possible que le léniolisib permette de réduire l’utilisation des soins de santé par les personnes atteintes du SPDA, notamment sur le plan de la réduction de la lymphoprolifération et de la survenue d’infections et de leurs conséquences. Vu la rareté de la maladie, l’effet net de cette réduction sur le système de santé est jugé modeste.
L’INESSS est conscient qu’il est important, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement pouvant diminuer les manifestations de la maladie, retarder sa progression et maintenir une bonne qualité de vie. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. Dans ce contexte, puisque le coût de JoenjaMC est très élevé par rapport aux bénéfices démontrés et qu’il engendre des coûts importants sur le système de santé, l’INESSS recommande à la ministre de ne pas rembourser JoenjaMC.