Extract notice to the Minister
Enhertu (Adénocarcinome gastrique ou JGO avancé)
Name of the manufacturer : AZC
Form : Pd. Perf. I.V. (fiole)
Dosage : 100 mg
Indication : En monothérapie, pour le traitement de l’adénocarcinome gastrique ou de la jonction gastro-oesophagienne localement avancé non résécable ou métastatique surexprimant le récepteur HER2
INESSS' Recommendation
Inscription – Sous conditions
Minister's decisions
À venir
Evaluation published on July 15, 2026
INESSSid: 28124
Recevable on November 17, 2025
Download Advice to minister about Enhertu (Adénocarcinome gastrique ou JGO avancé)
Les cancers de l’estomac et de la jonction gastro-œsophagienne (JGO) sont des cancers graves qui se traitent de façon similaire. Comme les gens ont peu de symptômes au début de la maladie, ces cancers sont détectés tardivement chez la majorité des personnes. Le traitement des patients dépend, entre autres, de la quantité du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (human epidermal growth factor receptor 2 [HER2]), protéine retrouvée à la surface de certaines cellules cancéreuses. Lorsqu’elles en présentent une quantité importante et que la maladie est à un stade avancé, le traitement comprend entre autres le trastuzumab, un traitement propre au HER2. Par la suite, lorsque la maladie progresse et qu’un traitement est toujours possible, différentes chimiothérapies peuvent être offertes à certains patients, le plus souvent une association de ramucirumab (CyramzaMC) et de paclitaxel ou un régime de chimiothérapie nommé FOLFIRI. Malgré ces traitements, le risque que la maladie progresse demeure élevé et la survie attendue est de moins de 1 an.
Le trastuzumab déruxtécan (EnhertuMC [T‑DXd]) est un médicament qui cible le récepteur HER2. Il peut, entre autres, s’administrer pour traiter les personnes atteintes d’un cancer de l’estomac ou de la JGO HER2 positif inopérable ou métastatique qui ont déjà reçu le trastuzumab (2e intention de traitement). Comme les autres traitements offerts, il vise à retarder la progression de la maladie et à prolonger la vie ; il ne permet pas de guérir le cancer. Il s’administre par voie intraveineuse.
Il s’agit de la 2e évaluation du T-DXd pour cette indication. Pour cette réévaluation, de nouvelles données ont été appréciées, notamment celles d’une étude clinique comparant l’efficacité et les effets secondaires du T‑DXd à ceux de l’association ramucirumab/paclitaxel. Il s’agit d’une étude de bonne qualité, dont les résultats sont plus robustes que les données appréciées lors de l’évaluation en 2025. Les résultats de l’étude montrent que le T‑DXd réduit le risque de décéder du tiers, et que les patients vivent environ 3 mois de plus qu’avec le standard de traitement actuel, soit l’association ramucirumab/paclitaxel. La réponse au traitement dure environ 7 mois avant que la maladie ne progresse, et le délai avant le décès ou la progression de la maladie est prolongé de 1 mois avec le T-DXd. Cette étude est toutefois menée chez une population de patients chez qui le statut HER2 positif était confirmé par une 2e biopsie effectuée après la progression de la maladie, alors qu’il n’est pas attendu que le statut HER2 soit confirmé dans la pratique au Québec en raison d’enjeux d’organisation des soins tels que le délai avant l’obtention de résultats. Chez certains patients, la surexpression de HER2 peut s’atténuer au fil des traitements reçus, et le T-DXd pourrait donc être moins efficace dans la population réelle à traiter au Québec. Selon les résultats d’une comparaison indirecte, le T‑DXd semble aussi prolonger la vie et retarder la progression de la maladie comparativement au protocole FOLFIRI. Les principaux effets secondaires du T‑DXd sont la fatigue, la diminution des globules blancs et des globules rouges dans le sang, les nausées et la perte d’appétit, ainsi que la diarrhée et la perte des cheveux. Ce médicament peut aussi causer des troubles pulmonaires et cardiaques dont les conséquences peuvent parfois être graves.
Le coût de traitement du T‑DXd est élevé. Il est supérieur à celui de l’association ramucirumab/paclitaxel et du protocole FOLFIRI. De plus, ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport à l’association ramucirumab/paclitaxel et au protocole FOLFIRI n’est pas favorable. L’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de cette nouvelle indication au T‑DXd entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 16,6 millions de dollars sur le budget des établissements de santé pour le traitement de 196 patients.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement qui visent à prolonger la vie le plus longtemps possible ainsi qu’à maintenir une bonne qualité de vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser EnhertuMC pour le traitement des patients adultes atteints d’un cancer gastrique ou de la JGO HER2 positif inopérable ou métastatique qui ont déjà reçu un traitement à base de trastuzumab à la condition que son utilisation soit encadrée, que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé et qu’il s’engage à procéder à une réévaluation, le cas échéant.