Extract notice to the Minister
Alyftrek (fibrose kystique)
Name of the manufacturer : Vertex
Form : Trousse (orale solide)
Dosage : 4 mg - 20 mg - 50 mg, 10 mg - 50 mg - 125 mg
Indication : Fibrose kystique (6 ans ou plus)
INESSS' Recommendation
Inscription – Sous conditions
Minister's decisions
Surseoir à la décision (2026-04-01)
Evaluation published on April 01, 2026
INESSSid: 27062
Recevable on July 14, 2025
Download Advice to minister about Alyftrek (fibrose kystique)
La fibrose kystique (FK) est une maladie génétique héréditaire grave pouvant réduire l’espérance de vie. Dans cette maladie, l’anomalie d’un gène, nommé CFTR pour Cystic Fibrosis Transmembrane Conductance Regulator, a pour effet de rendre plus épais le mucus qui tapisse différents organes, dont les poumons et le pancréas. Cela engendre la survenue de plusieurs symptômes, dont une toux persistante avec des sécrétions épaisses, des infections respiratoires à répétition, des troubles digestifs et une difficulté à absorber les nutriments. La nature des symptômes, la vitesse de leur apparition et leur gravité varient d’une personne à l’autre selon les mutations spécifiques du gène CFTR présentes et certains facteurs encore mal connus. Les cliniciens rapportent qu’environ 85 % des personnes atteintes de FK au Québec présenteraient au moins 1 mutation ΔF508 du gène CFTR ; les autres présenteraient des mutations beaucoup plus rares.
Il n'existe pas de traitement pouvant guérir la FK, mais diverses thérapies existent pour réduire les symptômes et prévenir les complications, notamment la physiothérapie respiratoire, les suppléments nutritionnels et des traitements médicamenteux. Au cours des dernières années, de nouveaux médicaments, dits modulateurs de la protéine CFTR (mCFTR) ont été commercialisés au Canada. Ils permettent de corriger en partie les défauts à l’origine des symptômes de la maladie. L’association ELX/TEZ/IVA (TrikaftaMC), en ajout aux thérapies usuelles de la FK, est actuellement le traitement de référence ; son indication couvre la mutation ΔF508 et certaines mutations rares sensibles du gène CFTR. Bien que la plupart des personnes atteintes de FK au Québec aient actuellement accès à l’association ELX/TEZ/IVA dès l’âge de 2 ans, certains patients, en raison de leur profil génétique rare, ne bénéficient d’aucun mCFTR.
AlyftrekMC est une association de vanzacaftor, de tézacaftor et de deutivacaftor (VNZ/TEZ/D-IVA), 3 médicaments qui agissent de façon complémentaire sur la protéine CFTR, produite par le gène CFTR. Ses composantes s’apparentent à celles de TrikaftaMC et exercent des fonctions similaires sur la protéine CFTR ; toutefois, la formulation modifiée d’une de ses composantes permet de réduire la posologie à une seule administration par jour. L’association VNZ/TEZ/D-IVA est destinée aux personnes atteintes de FK, âgées de 6 ans ou plus et présentant 1 mutation ΔF508 ou 1 mutation sensible du gène CFTR. Son indication couvre un plus grand nombre de mutations rares du gène CFTR que celle de l’association ELX/TEZ/IVA.
L’efficacité de l’association VNZ/TEZ/D-IVA repose sur 2 études de phase III contre l’association ELX/TEZ/IVA menées chez les patients âgés de 12 ans ou plus, sur 1 étude de phase III sans comparateur menée chez les patients âgés de 6 à moins de 12 ans, ainsi que sur une étude menée en laboratoire sur des cellules (in vitro). Globalement, les résultats des études cliniques indiquent que l’efficacité et le profil d’effets secondaires de l’association VNZ/TEZ/D-IVA sont comparables à ceux de l’association ELX/TEZ/IVA. L’efficacité de l’association VNZ/TEZ/D-IVA pour plusieurs mutations rares du gène CFTR repose uniquement sur des données in vitro. Toutefois, il est jugé plausible que l’amélioration de la fonction des protéines CFTR observée dans l’étude in vitro entraîne une amélioration clinique.
En conclusion, considérant l’efficacité démontrée de l’association ELX/TEZ/IVA, l’INESSS reconnaît que l’association VNZ/TEZ/D-IVA procure des bénéfices cliniques chez les personnes atteintes de FK, âgées de 6 ans ou plus, présentant 1 mutation ∆F508 ou 1 mutation du gène CFTR reconnue comme répondante à AlyftrekMC dans la monographie canadienne du produit. L’ampleur des bénéfices pourrait toutefois varier selon les mutations présentes et les caractéristiques des patients. Ce traitement constituerait une option de traitement supplémentaire, et pourrait représenter, pour certains patients québécois, le seul mCFTR accessible.
Le coût de traitement de l’association VNZ/TEZ/D-IVA est très élevé. Il est supérieur à celui de l’association ELX/TEZ/IVA, et ce, pour des bénéfices de santé jugés similaires. Ce coût additionnel par rapport à cette dernière, mais aussi relativement aux soins de soutien ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité n’est pas favorable. Conformément à ses modalités d’évaluation économique, l’INESSS n’a pas réalisé d’analyse d’impact budgétaire, puisqu'une analyse de minimisation des coûts est retenue pour évaluer son efficience. L’INESSS estime aussi que durant les 3 premières années, l’inscription de l’association VNZ/TEZ/D-IVA entraînerait des dépenses additionnelles inférieures à 10 millions de dollars sur le budget de la RAMQ.
L’INESSS est sensible au contexte particulier des maladies rares pour lesquelles il est plus difficile de réaliser des études de bonne qualité et est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à un traitement qui pourrait préserver ou améliorer leur fonction respiratoire et leur qualité de vie et qui pourrait, potentiellement, prévenir les conséquences à long terme de la maladie. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser l’association VNZ/TEZ/D-IVA, pour le traitement de la FK à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.