Pertinence du dépistage de la surdité chez les travailleurs en contexte québécois

2026-05-15 | Dépistage et pratiques cliniques préventives

Depuis les changements législatifs reliés à l’entrée en vigueur de la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité au travail (LMRSST) (2021, c.27) et de la révision de certaines dispositions de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), le Réseau de santé publique en santé au travail (RSPSAT) qui réalisait diverses actions et interventions de santé publique en vue de prévenir les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs a vu son rôle se modifier. Dans le contexte des risques liés au bruit en milieu de travail, le Règlement sur la santé et la sécurité au travail (RSST) obligent un employeur à identifier (ou à faire identifier par un professionnel ou un technicien en santé et sécurité au travail) chaque situation de travail qui pourrait présenter un dépassement des valeurs limites d’exposition au bruit et de déterminer, au besoin, les moyens raisonnables qui permettent d’éliminer ou de réduire le bruit à la source. Toutefois, le RSST ne contient aucune disposition relative aux examens auditifs pour le dépistage de la surdité professionnelle.

C’est dans ce contexte que le MSSS a sollicité un Avis sur la pertinence du déploiement d’un programme de dépistage systématique de la surdité professionnelle auprès de travailleurs exposés au bruit. Ces travaux ont été réalisés en collaboration avec l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Compte tenu des données probantes actuelles qui ne permettent pas de conclure ni à l’efficacité, ni à l’absence d’effet, du dépistage audiométrique dans la prévention de l’incidence ou de l’aggravation de la surdité professionnelle, ainsi que dans l’amélioration de la qualité de vie des travailleurs atteints de surdité, l’INESSS ne recommande pas le déploiement d’un programme de dépistage systématique de la surdité professionnelle.

L’INESSS formule également les recommandations additionnelles suivantes : 

  • Les efforts et les modalités de soutien aux activités de prévention primaire (réduction du bruit) devraient être privilégiés, voire renforcés dans tous les milieux de travail présentant un niveau de risque lié au bruit.
  • L’accès au diagnostic de la surdité devrait être assuré pour tous les travailleurs à risque, avec des examens auditifs adaptés à leurs besoins et réalisés en temps opportun, quel que soit leur région ou domaine d’emploi. Un accompagnement structuré devrait permettre l’accès à des protecteurs auditifs – incluant une formation adéquate pour les utiliser, des prothèses auditives, des mesures d’indemnisation et autres adaptations nécessaires au travail ou au milieu de vie.
  • Une vigie de la littérature scientifique pourrait être effectuée afin de capter l’émergence de nouvelles modalités de repérage précoce d’une atteinte auditive et d’études de performance et d’efficacité montrant un effet supérieur sinon égal avec un bénéfice par exemple des applications mobiles, ou la validation de modalités existantes comme des questionnaires.

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Sondage portant sur l’Avis : Pertinence du dépistage de la surdité chez les travailleurs en contexte québécois

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