Biothérapies dirigées contre l'interleukine 6 ou son récepteur (mise à jour complétée 16-04-2020)

NOTE :  Compte tenu qu’initialement le document ne portait que sur le tocilizumab, il a été revu en entier pour y intégrer l’ensemble des biothérapies ciblant l’interleukine 6 (IL-6) ou son récepteur.

POSITION DE L’INESSS (16-04-2020)

Prophylaxie

  • Les thérapies dirigées contre l’interleukine-6 (siltuximab) ou son récepteur (tocilizumab, sarilumab) ciblent un médiateur clé de la réponse immunitaire antivirale mais aussi du syndrome de libération des cytokines, une complication survenant au cours d’une phase plus tardive de l’infection. Pour ne pas nuire aux mécanismes de défense contre l’infection virale ces molécules ne peuvent donc pas être envisagées en prévention ni comme traitement prophylactique chez les personnes exposées au virus.

Traitement
COVID-19 confirmée, patients non hospitalisés

  • Les thérapies dirigées contre l’interleukine-6 (siltuximab) ou son récepteur (tocilizumab, sarilumab) ciblent un médiateur clé de la réponse immunitaire antivirale mais aussi du syndrome de libération des cytokines, une complication survenant au cours d’une phase plus tardive de l’infection. Pour ne pas nuire aux mécanismes de défense contre l’infection virale ces traitements ne peuvent donc pas être envisagés chez des patients COVID-19 confirmés dont l’état clinique ne justifie pas une hospitalisation.

COVID-19 confirmée, patients hospitalisés dans un état grave ou critique

  • L’incertitude des données documentant l’efficacité des thérapies dirigées contre l’interleukine-6 (siltuximab) ou son récepteur (tocilizumab, sarilumab) ne permettent pas de recommander l’usage de ces traitements en dehors d’un protocole de recherche chez les patients ayant un diagnostic confirmé de COVID-19 dont l’état clinique nécessite une hospitalisation avec une élévation des marqueurs inflammatoires ou une évolution compatible avec un syndrome de libération des cytokines. 

Seuls des rapports de cas et trois études rétrospectives avec peu de sujets (N=21 et N=15 pour le tocilizumab et N=21 pour le siltuximab) indiquent que l’utilisation du tocilizumab ou du siltuximab chez des patients présentant une forme grave de la maladie avec une élévation des marqueurs inflammatoires ou une détérioration rapide de leur état procure des résultats encourageants [Niveau de preuve scientifique : insuffisant]. Aucune donnée scientifique n’est disponible concernant le sarilumab [Niveau de preuve scientifique : insuffisant].

D’autres essais cliniques évaluant l’efficacité et l’innocuité du tocilizumab, du sarilumab et du siltuximab sont en cours de réalisation au Canada et à l’international; ils permettront de mieux apprécier les effets de ces molécules dans la prise en charge de la COVID-19 chez des patients hospitalisés dans un état grave ou critique et d’augmenter le niveau de preuve scientifique.

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