Extrait d'avis au ministre

Verzenio (cancer sein)

Dénomination commune / Sujet : abémaciclib
Nom du fabricant : Lilly
Forme : Co.
Teneur : 50 mg, 100 mg, 150 mg

Indication : En association avec un inhibiteur de l'aromatase non stéroïdien, pour le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique (RH+, HER2-)

Recommandation de l'INESSS
Inscription - Avec conditions

Décision du Ministre
Surseoir à la décision (2019-08-15)

Evaluation publiée le 10 juillet 2019

Téléchargez l'Avis au ministre sur Verzenio (cancer sein)

 Extrait de l'avis au ministre sur Verzenio IANS 272 KiO

L’abémaciclib (VerzenioMC) est utilisé en association avec un inhibiteur de l’aromatase (IA) pour traiter les femmes ménopausées atteintes d’un type particulier de cancer du sein qui présente des récepteurs hormonaux et qui ne surexprime pas un type de récepteur appelé HER2, à un stade avancé ou métastatique. À ce stade de la maladie, l’état de santé des patientes diminue rapidement et elles vivent habituellement moins de cinq ans. Les traitements pharmacologiques offerts visent tous à ralentir la progression de la maladie et à améliorer le confort des patientes, mais aucun ne permet de guérir. Une thérapie hormonale à base d’un IA comme le létrozole (FemaraMC), l’anastrozole (ArimidexMC) ou l’exémestane (AromasinMC) a longtemps représenté le traitement de référence pour ces patientes, mais a récemment été remplacée par le palbociclib (IbranceMC), en association avec un inhibiteur non stéroïdien de l’aromatase.

Les résultats d’une bonne étude démontrent que l’ajout de l’abémaciclib à un IA retarde la progression de la maladie des patientes de 13,4 mois, comparativement à un traitement hormonal donné seul. Toutefois, on ne sait pas si l’usage de ce traitement prolonge leur vie. De plus, il est important de mentionner que l’abémaciclib peut provoquer de la diarrhée, mais que cette dernière est rarement sévère et est généralement prise en charge facilement en clinique. Outre la diarrhée, la qualité de vie ne semble pas se détériorer lorsque les patientes reçoivent ce traitement comparativement à un IA pris seul. Compte tenu de l’inscription du palbociclib sur les listes, l’abémaciclib représenterait une option de traitement supplémentaire pour les patientes atteintes de ce type de cancer.

Le coût de traitement de l’abémaciclib, en ajout à un IA, est très élevé. Il est cependant comparable à celui de l’association palbociclib/IA, pour des bénéfices cliniques jugés similaires. Toutefois, pour certaines patientes, le suivi médical requis par l’abémaciclib pourrait être plus exigeant. Somme toute, le rapport entre son coût et son efficacité (effets réels sur la patiente) est jugé acceptable. Par ailleurs, au cours des 3 prochaines années, l’inscription de l’abémaciclib sur les listes et le traitement de 59 patientes par celui-ci réduiraient les dépenses de la RAMQ d’environ 1 100 $.

L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patientes, et leurs proches, de retarder la progression de la maladie et de conserver une bonne qualité de vie, le plus longtemps possible. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser l’abémaciclib en association avec un IA à la condition que son utilisation soit encadrée par une indication reconnue pour le paiement et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique.

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