Extrait d'avis au ministre

Talzenna (cancer prostate - CPRCm)

Dénomination commune / Sujet : talazoparib
Nom du fabricant : Pfizer
Forme : Caps.
Teneur : 0,1 et 0,25 mg

Indication : Cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (association avec l'enzalutamide)

Recommandation de l'INESSS
Inscription - Sous conditions

Décision du Ministre
Surseoir à la décision (2026-02-04)

Évaluation publiée le 04 février 2026

INESSSid: 26788
Recevable le 22 avril 2025

Téléchargez l'Avis au ministre sur Talzenna (cancer prostate - CPRCm)

Extrait d'avis à la ministre sur Talzenna 804 KiO

Test compagnon de Talzenna 336 KiO

Le cancer de la prostate est un cancer fréquent chez les hommes au Québec. Lorsque ce cancer est métastatique et résistant à la castration (CPRCm), c’est-à-dire lorsqu’il s’est propagé à d’autres parties du corps malgré un traitement hormonal induisant la castration, il n’existe aucun traitement pour le guérir et l’espérance de vie est habituellement de moins de 3 ans. Actuellement, les patients à ce stade de la maladie doivent continuer leur thérapie hormonale à laquelle s’ajoute un médicament de la classe des inhibiteurs de la voie de signalisation du récepteur des androgènes (ARAT) ou une chimiothérapie de la classe des taxanes, nommée docetaxel. Lorsque ces médicaments ne peuvent plus être utilisés, les options thérapeutiques sont limitées et souvent restreintes aux meilleurs soins de soutien.

Environ 25 à 30 % des personnes atteintes d’un cancer de la prostate métastatique présentent une mutation dans un type de gènes appelé « gène du système de réparation par recombinaison homologue » (RRH). Ces gènes jouent normalement un rôle essentiel dans la réparation de l’ADN et empêchent les cellules de se diviser de façon incontrôlée, ce qui réduit le risque de cancer. Quand ils sont altérés, ce mécanisme ne fonctionne plus, ce qui favorise la survenue de cancers, dont celui de la prostate. Parmi les gènes du système RRH, ceux qui présentent le plus souvent des mutations sont les gènes BRCA. Pour les patients dont le cancer présente une mutation BRCA, il existe désormais des traitements ciblés, comme les associations olaparib (LynparzaMC)/abiratérone et niraparib/abiratérone (AkeegaMC), toutes 2 combinées à de la prednisone. Pour les mutations des autres gènes du système RRH, les traitements restent similaires à ceux proposés aux patients sans mutation.

Le talazoparib (TalzennaMC) est un médicament pris par voie orale, de la même classe que l’olaparib et le niraparib. Il agit en entraînant la mort des cellules cancéreuses et est donné en association avec l’enzalutamide (XtandiMC), autre médicament pris par voie orale, aux patients atteints d’un CPRCm présentant une mutation d’un gène du système RRH. Comme les autres traitements administrés à ce stade de la maladie, le talazoparib vise à ralentir la progression de la maladie et l’aggravation des symptômes des patients.

L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires de l’association talazoparib/enzalutamide repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats montrent que l’ajout du talazoparib à l’enzalutamide retarde la progression du cancer chez près de la moitié des patients et prolonge la vie, comparativement à l’enzalutamide seul. Globalement, l’ajout du talazoparib à l’enzalutamide entraîne un peu plus d’effets secondaires, notamment hématologiques, c’est‑à‑dire ceux qui concernent le sang et ses composants. L’ajout du talazoparib à l’enzalutamide ne semble pas détériorer la qualité de vie des patients. Les résultats des comparaisons indirectes sont très incertains, mais semblent indiquer que l’association talazoparib/enzalutamide est au moins aussi efficace que les associations olaparib/abiratérone/prednisone et niraparib/abiratérone/prednisone pour le traitement des patients atteints d’un CPRCm ayant une mutation BRCA

Le coût de traitement de l’association talazoparib/enzalutamide est élevé. Il est supérieur à celui de l’enzalutamide seul et à celui de l’association olaparib/abiratérone/prednisone. Le coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients) comparativement à l’enzalutamide seul ou par les bénéfices de santé jugés comparables par rapport à l’association olaparib/abiratérone/prednisone. De fait, le rapport entre son coût et son efficacité n’est pas favorable. L’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’inscription de l’association talazoparib/enzalutamide entraînerait des dépenses additionnelles inférieures à 10 millions de dollars sur le budget de la RAMQ.

L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement permettant de retarder la progression de la maladie et de conserver une bonne qualité de vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser TalzennaMC à la condition que son utilisation soit encadrée, que le test compagnon soit accessible et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.

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