Extrait d'avis au ministre
Tagrisso (Cancer du poumon non à petites cellules)
Nom du fabricant : AZC
Forme : Co.
Teneur : 40 mg, 80 mg
Indication : Pour le traitement de 1re intention du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) localement avancé ne se prêtant pas à un traitement curatif ou métastatique
Recommandation de l'INESSS
Inscription – Sous conditions
Décision du Ministre
À venir
Évaluation publiée le 18 juin 2026
INESSSid: 28049
Recevable le 14 octobre 2025
Téléchargez l'Avis au ministre sur Tagrisso (Cancer du poumon non à petites cellules)
Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) est un type de cancer fréquent, grave et qui progresse rapidement. Lorsque ce cancer est au stade avancé ou métastatique, c’est-à-dire lorsqu’il s’est propagé à d’autres parties du corps, il n’existe aucun traitement capable de le guérir complètement. Certains CPNPC présentent une anomalie génétique nommée variant pathogène du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR). Actuellement, les patients dont la tumeur porte cette caractéristique peuvent recevoir l’osimertinib (TagrissoMC) seul, médicament administré par voie orale, ou encore l’association d’amivantamab (RybrevantMC), administré par voie intraveineuse, et de lazertinib (LazcluzeMC), donné par voie orale. Le patient et son médecin décident ensemble du traitement privilégié en tenant compte des différentes caractéristiques de ces thérapies.
L’osimertinib peut aussi s’administrer en association avec la chimiothérapie pour traiter le CPNPC au stade avancé ou métastatique exprimant un variant pathogène de l’EGFR, dans le but d’améliorer son efficacité. Tout comme les autres traitements, cette association vise à ralentir la progression de la maladie, à prolonger la survie et à améliorer le confort des patients.
La 1re évaluation de l’efficacité et des effets secondaires de l’osimertinib en association avec la chimiothérapie par l’Institut, réalisée en 2024, reposait sur une étude de bonne qualité méthodologique. Par contre, l’INESSS avait jugé que même si cette étude montrait que cette association réduisait le risque de progression de la maladie par rapport à l’osimertinib seul, une incertitude demeurait quant à sa capacité à prolonger la vie. De plus, bien que cela ne semblait pas nuire à la qualité de vie, des effets secondaires importants étaient entraînés par l’ajout de la chimiothérapie. En conséquence, la valeur thérapeutique de l’association osimertinib/chimiothérapie n’avait pas été reconnue.
La nouvelle évaluation de l’efficacité et des effets secondaires de cette association repose sur des résultats plus récents de l’étude précédemment examinée. Ces résultats confirment que l’ajout de la chimiothérapie à l’osimertinib prolonge la vie lorsque comparé à l’osimertinib seul. Comme lors de la 1re évaluation, ils montrent également que l’ajout de la chimiothérapie entraîne plus d’effets secondaires que si l’osimertinib est administré seul. Toutefois, aucun nouvel effet secondaire inattendu n’a été observé. Par ailleurs, d’autres études comparant les associations osimertinib/chimiothérapie et amivantamab/lazertinib ont également été examinées par l’INESSS. Malgré les limites qu’elles comportent, en se basant sur ces études et sur l’opinion des cliniciens qu’il a consultés, l’INESSS estime que ces 2 associations de médicaments semblent ne pas se distinguer quant à leur efficacité. Chacune cause des effets secondaires assez importants, différents pour l’une et l’autre. Néanmoins, ceux occasionnés par l’association osimertinib/chimiothérapie pourraient être un peu plus faciles à gérer par les équipes traitantes que ceux engendrés par l’association amivantamab et de lazertinib, selon les cliniciens consultés. Ainsi, l’INESSS est d’avis que l’association osimertinib/chimiothérapie constitue une option de traitement supplémentaire pour les patients atteints d’un CPNPC avancé ou métastatique exprimant un variant pathogène de l’EGFR.
Le coût de traitement de l’association osimertinib/chimiothérapie est élevé. Il est supérieur à celui de l’osimertinib seul. Ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport à l’osimertinib seul n’est pas favorable. Le coût de traitement de l’association osimertinib/chimiothérapie est cependant inférieur à celui de l’association amivantamab/lazertinib, et ce, pour des bénéfices cliniques jugés similaires et présentant un profil d’effets indésirables probablement plus favorable pour les patients. Notons, toutefois, que l’association amivantamab/lazertinib avait été jugée non efficiente lors de son évaluation comparativement à l’osimertinib seul. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de cette nouvelle indication de l’osimertinib entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 8,5 millions de dollars sur le budget des établissements de santé, mais engendrerait des coûts moindres d’environ 1,6 million de dollars sur le budget de la RAMQ, pour un total d’environ 6,9 millions de dépenses additionnelles sur le budget régime public d’assurance médicaments (RPAM), pour le traitement de 219 patients.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, de prolonger la vie le plus longtemps possible, de retarder la progression de la maladie et de maintenir une bonne qualité de vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser TagrissoMC en association avec la chimiothérapie pour le traitement de 1re intention du CPNPC localement avancé ou métastatique exprimant un variant pathogène de l’EGFR à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.