Extrait d'avis au ministre
Rybrevant (CPNPC)
Nom du fabricant : Janss. Inc
Forme : Sol. Perf. I.V. (fiole)
Teneur : 50 mg/ml (7 ml)
Indication : Cancer du poumon non à petites cellules (association avec le carboplatine et le pemetrexed)
Recommandation de l'INESSS
Refus d'inscription - Valeur thérapeutique
Décision du Ministre
Ne pas inscrire à la Liste des médicaments - Établissements (2026-02-04)
Évaluation publiée le 05 janvier 2026
INESSSid: 26639
Recevable le 07 avril 2025
Téléchargez l'Avis au ministre sur Rybrevant (CPNPC)
Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) est un type de cancer fréquent, grave, et qui progresse rapidement. Lorsque ce cancer est au stade très avancé ou métastatique, c’est-à-dire lorsqu’il s’est propagé à d’autres parties du corps, il n’existe aucun traitement capable de le guérir complètement. Certains CPNPC présentent des anomalies génétiques, notamment certaines mutations du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR). Actuellement, à ce stade de la maladie, les patients dont la tumeur porte cette caractéristique reçoivent majoritairement l’osimertinib (TagrissoMC). Lorsque la maladie progresse malgré l’osimertinib, les patients peuvent recevoir une chimiothérapie, généralement composée de carboplatine et de pemetrexed.
L’amivantamab (RybrevantMC) est un médicament administré par voie intraveineuse qui, associé à la chimiothérapie de carboplatine et de pemetrexed, est indiqué dans le traitement du CPNPC au stade très avancé ou métastatique exprimant une mutation de l’EGFR. Tout comme la chimiothérapie actuellement offerte, cette association vise à ralentir la progression de la maladie, à prolonger la vie et à améliorer le confort des patients.
L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires de l’association amivantamab-chimiothérapie repose sur une étude de bonne qualité, malgré certaines limites. Les résultats de cette étude démontrent que l’association amivantamab-chimiothérapie retarde la progression de la maladie d’environ 2 mois par rapport au standard de traitement, soit la chimiothérapie seule. Toutefois, il est trop tôt pour savoir si l’ajout de l’amivantamab à la chimiothérapie permet de prolonger la vie des patients. Bien que cela ne semble pas nuire à la qualité de vie, l’association d’amivantamab et de chimiothérapie entraîne beaucoup d’effets secondaires, comme des infections des ongles, des effets sur la peau et des réactions allergiques durant la perfusion de l’amivantamab. Ces événements peuvent être pris en charge, mais nécessitent la prise de certains médicaments et des suivis rapprochés par les professionnels de la santé. Devant l’incertitude quant à la capacité de cette thérapie à prolonger la vie, et en regard des effets secondaires additionnels observés, il n’est pas démontré que l’association amivantamab-chimiothérapie puisse combler le besoin de santé. Par conséquent, l’INESSS est d’avis que cette association ne satisfait pas au critère de la valeur thérapeutique.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement pouvant prolonger la vie le plus longtemps possible, retarder la progression de la maladie et maintenir une bonne qualité de vie. Puisque la valeur thérapeutique de RybrevantMC n’est pas reconnue pour son utilisation en association avec la chimiothérapie, pour le traitement du CPNPC localement avancé ou métastatique, en présence d’une mutation de l’EGFR, les 4 autres aspects prévus par la loi n’ont pas été évalués. Ceux-ci sont :
- la justesse du prix;
- le rapport entre le coût et l’efficacité du traitement;
- les conséquences, sur la santé de la population et sur les autres composantes du système de santé, de l’inscription de ce médicament sur la liste;
- l’opportunité de l’inscrire au regard de l’objet du régime général.