Extrait d'avis au ministre
Opdivo (carcinome hépatocellulaire)
Nom du fabricant : B.M.S.
Forme : Sol. Perf. I.V. (fiole)
Teneur : 10 mg/ml (4 ml), 10 mg/ml (10 ml)
Indication : Carcinome hépatocellulaire (association avec l'ipilimumab)
Recommandation de l'INESSS
Refus d'inscription - Valeur thérapeutique
Décision du Ministre
Ne pas inscrire à la Liste des médicaments - Établissements (2026-02-04)
Évaluation publiée le 04 février 2026
INESSSid: 26923
Recevable le 23 juin 2025
Téléchargez l'Avis au ministre sur Opdivo (carcinome hépatocellulaire)
Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est le type de cancer du foie le plus fréquent. Il s’agit d’un cancer de nature agressive et les personnes qui en sont atteintes présentent un mauvais pronostic, 1 sur 5 étant encore en vie après 5 ans.
Lorsque ce cancer est inopérable, le traitement vise à prolonger la vie tout en préservant la qualité de vie du patient, mais il ne peut pas le guérir. Un traitement est offert seulement si le foie fonctionne bien et si l’état de santé du patient le permet. Le plus souvent, les patients reçoivent des traitements à base d’immunothérapie, qui permettent aux cellules immunitaires de la personne traitée de reconnaître et de détruire les cellules cancéreuses. Le traitement le plus utilisé est l’atézolizumab (TecentriqMC) en association avec le bevacizumab (atézo/bev), tous 2 administrés par voie intraveineuse. L’association de trémélimumab (ImjudoMC) et de durvalumab (ImfinziMC) (trémé/durva) peut aussi être administrée pour cette indication, et est plus souvent donnée aux patients qui ne peuvent pas recevoir le bevacizumab en pratique, notamment ceux qui ont un risque élevé de saignements digestifs ou qui présentent une quantité anormalement importante de protéines dans leur urine. Les patients qui ne peuvent pas avoir de l’immunothérapie reçoivent le lenvatinib (LenvimaMC), par voie orale. Le sorafénib (NexavarMC), autre traitement oral, était l’ancien standard de traitement, mais n’est pratiquement plus utilisé au Québec de nos jours.
Le nivolumab (OpdivoMC) et l’ipilimumab (YervoyMC) sont 2 immunothérapies utilisées en combinaison pour traiter le CHC lorsque la chirurgie n’est pas possible ou que la maladie s’est propagée à d’autres organes. Ce traitement est administré par voie intraveineuse : les 2 médicaments sont donnés ensemble pendant les 4 premiers cycles, puis seul le nivolumab est poursuivi, pour un maximum de 2 ans. Tout comme les autres options, l’association nivo/ipi vise à prolonger la vie, à ralentir la progression de la maladie et à améliorer la qualité de vie.
L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires de la combinaison nivo/ipi repose sur une étude de bonne qualité. Ses résultats montrent que l’association nivo/ipi prolonge la vie d’environ 3 mois comparativement au sorafénib ou au lenvatinib, médicaments qui ne sont presque plus utilisés au Québec à ce stade de la maladie. Deux analyses additionnelles comparent indirectement les combinaisons nivo/ipi à atézo/bev et à trémé/durva. Il est à noter que les associations atézo/bev et trémé/durva sont poursuivies jusqu’à la progression de la maladie, alors que la combinaison nivo/ipi est cessée après 2 ans de traitement. Les résultats des analyses les comparant suggèrent que l’association nivo/ipi serait moins efficace que atézo/bev pour prolonger la vie, mais comparable en ce qui concerne la survenue des effets secondaires. En pratique clinique, les effets secondaires causés par l’association nivo/ipi sont toutefois plus difficiles à traiter que ceux qui le sont par la combinaison atézo/bev. Lorsque comparée à l’association trémé/durva, la combinaison nivo/ipi serait moins efficace pour prolonger la vie, mais pourrait retarder la progression de la maladie, occasionnant toutefois davantage d’effets secondaires. Les effets secondaires graves les plus rapportés pour l’association nivo/ipi sont ceux qui touchent le foie, comme l’augmentation des enzymes du foie ou une inflammation de celui-ci (nommée hépatite), l’inflammation du colon (colite) et les démangeaisons. Par conséquent, une incertitude importante demeure quant aux risques encourus par rapport aux bénéfices cliniques de l’association nivo/ipi comparativement aux traitements utilisés en pratique. C’est pourquoi l’INESSS n’est pas en mesure de reconnaître la valeur thérapeutique de l’association nivo/ipi.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement permettant de prolonger la vie le plus longtemps possible et de maintenir une bonne qualité de vie. Puisque la valeur thérapeutique de OpdivoMC n’est pas reconnue pour le traitement du CHC non résécable ou avancé, les 4 autres aspects prévus par la loi n’ont pas été évalués. Ceux-ci sont :
- la justesse du prix;
- le rapport entre le coût et l’efficacité du traitement;
- les conséquences, sur la santé de la population et sur les autres composantes du système de santé, de l’inscription de ce médicament sur la liste;
- l’opportunité de l’inscrire au regard de l’objet du régime général.