Extrait d'avis au ministre

Lorbrena (CPNPC ALK-positif)

Dénomination commune / Sujet : lorlatinib
Nom du fabricant : Pfizer
Forme : Co.
Teneur : 25 mg, 100 mg

Indication : Traitement du cancer du poumon non à petites cellules métastatique présentant un réarrangement du gène de la kinase du lymphome anaplasique (ALK+)

Recommandation de l'INESSS
Refus d’inscription – Ensemble des aspects

Décision du Ministre
À venir

Évaluation publiée le 03 juin 2026

INESSSid: 27833
Recevable le 29 septembre 2025

Téléchargez l'Avis au ministre sur Lorbrena (CPNPC ALK-positif)

Extrait d'avis à la ministre sur Lorbrena 780 KiO

Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) est le cancer le plus fréquent au Québec. Certaines personnes ont un cancer présentant une caractéristique spéciale, soit la présence d’un « réarrangement du gène de la kinase du lymphome anaplasique » (ALK+). Cette caractéristique se retrouve chez environ 3 à 7 % des personnes atteintes d’un CPNPC. Lorsque le cancer est au stade très avancé, les traitements offerts visent à ralentir sa progression et à améliorer le confort des patients.

Ce sous-type de CPNPC est traité à l’aide de thérapies ciblées qui ciblent le gène ALK, médicaments pris oralement. Les patients qui subissent une progression de leur maladie malgré ces thérapies reçoivent majoritairement une chimiothérapie par voie intraveineuse composée de carboplatine et de pemetrexed. Cette chimiothérapie vise à ralentir la progression de la maladie et à prolonger la vie, mais son efficacité demeure limitée. Le lorlatinib (LorbrenaMC) est un médicament qui s’administre oralement et qui est utilisé pour traiter ce sous-type rare de CPNPC. Il est utilisé couramment chez les patients comme 1er traitement suivant le diagnostic. Il a aussi été étudié chez les patients qui ont reçu au moins 1 autre médicament (2e intention et plus) traitant précisément ce type de cancer. 

Il s’agit de la 2évaluation pour l’indication en 2e intention et plus. Pour cette réévaluation, de nouvelles données ont été appréciées, notamment les données avec un suivi à long terme de l’étude clinique qui avait été évaluée la 1re fois. Il s’agit d’une étude de faible qualité, sans comparaison directe avec d’autres traitements, ce qui limite l’appréciation de l’ampleur de l’efficacité du lorlatinib. Les résultats du suivi à long terme pour le lorlatinib montrent que les patients qui reçoivent cette thérapie subissent une progression de leur maladie après environ 7 mois, et vivent environ 21 mois. Bien que des comparaisons indirectes indiquent un effet favorable sur le délai avant la progression, le bénéfice pour prolonger la vie demeure incertain. À ces analyses, s’ajoute l’appréciation de données collectées en contexte réel de soins, dont certaines proviennent du Canada. Elles montrent qu’il est possible de reproduire les résultats d’efficacité observés dans l’étude clinique examinée. Par ailleurs, le lorlatinib peut entraîner des effets secondaires particuliers, comme une augmentation du cholestérol et des troubles de la mémoire ou de la concentration (troubles cognitifs). Les cas graves sont toutefois rares, et les troubles cognitifs peuvent se résorber en réduisant les doses ou en interrompant le lorlatinib. Les résultats du suivi à long terme n’ont pas révélé de nouveaux effets secondaires. De plus, le lorlatinib semble améliorer ou du moins maintenir la qualité de vie des patients qui le prennent.

Le coût de traitement du lorlatinib est trop élevé. Il est de beaucoup supérieur à celui du schéma de chimiothérapie constitué de carboplatine et de pemetrexed et ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport à la chimiothérapie à base de carboplatine et de pemetrexed n’est pas favorable. L’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de cette nouvelle indication au lorlatinib entraînerait des dépenses additionnelles inférieures à 10 millions de dollars sur le budget de la RAMQ. 

L’INESSS est conscient qu’il est important, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement pouvant retarder la progression de la maladie et maintenir une bonne qualité de vie. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. Dans ce contexte, puisque le coût de LorbrenaMC est très élevé par rapport aux bénéfices démontrés et qu’il engendre des coûts importants sur le système de santé, l’INESSS recommande à la ministre de ne pas rembourser LorbrenaMC pour le traitement du CPNPC ALK+ en 2intention de traitement et plus.

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