Extrait d'avis au ministre
Loargys (ARG1-D)
Nom du fabricant : Immedica Pharma AB
Forme : Sol. Inj. (fiole)
Teneur : 5 mg/ml (0,4 ml)
Indication : Déficit en arginase 1
Recommandation de l'INESSS
Refus d’inscription – Ensemble des aspects
Décision du Ministre
À venir
Évaluation publiée le 14 octobre 2026
INESSSid: 29501
Recevable le 16 mars 2026
Téléchargez l'Avis au ministre sur Loargys (ARG1-D)
Le déficit en arginase 1, aussi appelé hyperargininémie, est une maladie génétique rare qui entraîne une accumulation d’arginine, substance naturellement présente dans l’organisme et provenant en partie des aliments riches en protéines. Les symptômes apparaissent généralement au cours des premières années de vie et comprennent notamment des difficultés progressives de marche et de mobilité, une raideur des jambes, des troubles du développement et de l’apprentissage ainsi que, chez certaines personnes, des crises d’épilepsie. La maladie tend à s’aggraver avec le temps et peut entraîner une perte graduelle d’autonomie et une mortalité prématurée.
La prise en charge actuelle repose principalement sur une alimentation faible en protéines, des suppléments nutritionnels spécialisés et des médicaments visant à prévenir certaines complications de la maladie. Malgré ces mesures, l’accumulation d’arginine demeure souvent difficile à contrôler et la maladie peut continuer de progresser.
La pegzilarginase (LoargysMC) est le premier traitement conçu pour agir directement sur le mécanisme responsable de l’accumulation d’arginine chez les personnes atteintes d’un déficit en arginase 1. Elle est utilisée en complément de la prise en charge habituelle. Elle est indiquée pour le traitement du déficit en arginase 1 chez les personnes âgées de 2 ans et plus et s’administre chaque semaine, par perfusion intraveineuse ou par injection sous-cutanée.
L’évaluation de la pegzilarginase repose principalement sur une étude de bonne qualité dans laquelle la pegzilarginase a été comparée à un placebo, tous deux administrés en complément d’une restriction des protéines alimentaires. Les résultats montrent que ce médicament réduit davantage les concentrations d’arginine dans le sang et permet à la plupart des patients d’atteindre des concentrations normales d’arginine, objectif qu’aucun patient recevant le placebo n’a atteint. Les effets secondaires les plus fréquemment rapportés ont été les vomissements, la fièvre et la toux. Les résultats suggèrent également un maintien de la qualité de vie chez les patients recevant la pegzilarginase, alors qu’une tendance à la détérioration a été observée chez ceux qui ont uniquement eu une restriction des protéines alimentaires. Les données consultables, qui couvrent une période de suivi pouvant atteindre environ 2 ans, suggèrent le maintien de la réduction des concentrations d’arginine. Toutefois, il demeure incertain dans quelle mesure ces résultats se traduiront par un ralentissement de la progression de la maladie ou une amélioration de la survie à long terme.
Le coût de traitement de la pegzilarginase, qui vient s’ajouter à celui de la prise en charge habituelle, est trop élevé. Ce coût additionnel par rapport au standard de soins ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport au standard de soins seul n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’inscription de la pegzilarginase entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 25,4 millions de dollars sur le budget de la RAMQ pour 4 patients.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les personnes atteintes d’un déficit en arginase 1 et leurs proches, de ralentir la progression de la maladie, de préserver l’autonomie et les capacités fonctionnelles, ainsi que de maintenir une bonne qualité de vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. Dans ce contexte, puisque le coût de LoargysMC est trop élevé par rapport aux bénéfices démontrés et qu’il engendre des coûts importants sur le système de santé, l’INESSS recommande à la ministre de ne pas rembourser LoargysMC pour le traitement du déficit en arginase 1.