Extrait d'avis au ministre

Keytruda (CCU localement avancé)

Dénomination commune / Sujet : pembrolizumab
Nom du fabricant : Merck
Forme : Sol. Perf. I.V. (fiole)
Teneur : 25 mg/ml (4 ml)

Indication : Cancer du col de l'utérus localement avancé à haut risque

Recommandation de l'INESSS
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Décision du Ministre
À venir

Évaluation publiée le 05 janvier 2026

INESSSid: 26637
Recevable le 07 avril 2025

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Extrait d'avis au ministre sur Keytruda 795 KiO

Le cancer du col de l’utérus est souvent causé par le virus du papillome humain (VPH). Quand il est détecté tôt, il peut être traité par chirurgie ou radiothérapie. Si le cancer est plus avancé, on utilise une combinaison de chimiothérapie et de radiothérapie, appelée chimioradiothérapie, pendant quelques semaines. Même à ce stade, une guérison reste possible.

Un autre médicament, appelé pembrolizumab (KeytrudaMC), aide le système immunitaire à reconnaître et à attaquer le cancer. Ce traitement s’ajoute à la chimioradiothérapie pour ralentir la progression de la maladie et prolonger la vie. Il est administré par injection en clinique externe d’oncologie pendant un maximum de 2 ans, ce qui est plus long que les traitements habituels.

Une étude montre que le pembrolizumab, ajouté au traitement habituel, ralentit la progression du cancer et aide les personnes à vivre plus longtemps que celles qui ont reçu un placebo avec le traitement habituel. Les bénéfices semblent plus importants chez les femmes dont la maladie est à un stade plus avancé. La combinaison du pembrolizumab et de la chimioradiothérapie peut entraîner des effets secondaires tels que l’anémie, la perte de cheveux, les diarrhées et les nausées. Les principaux effets secondaires liés au pembrolizumab sont des problèmes de thyroïde et une inflammation du côlon. Malgré ces effets, ce médicament ne semble pas rendre la qualité de vie des patientes pire que celle des personnes qui reçoivent un placebo avec le traitement habituel. Le pembrolizumab représente donc une nouvelle option pour améliorer le traitement du cancer du col de l’utérus à ce stade de la maladie.

Le coût de traitement du pembrolizumab en ajout à la chimioradiothérapie est élevé. De plus, ce coût additionnel n’est pas justifié au regard des bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport à la chimioradiothérapie seule n’est pas favorable. 

De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’ajout de cette nouvelle indication au pembrolizumab entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 26,5 millions de dollars sur le budget des établissements de santé pour le traitement de 317 patientes.

L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patientes et leurs proches, de prolonger la vie et de conserver une bonne qualité de vie, et ce, le plus longtemps possible. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande au ministre d’ajouter une indication à KeytrudaMC pour le traitement du cancer du col de l’utérus localement avancé à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à en réduire le fardeau économique sur le système de santé.

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