Extrait d'avis au ministre
Iqirvo (cholangite biliaire)
Nom du fabricant : Ipsen
Forme : Co.
Teneur : 80 mg
Indication : Cholangite biliaire primitive
Recommandation de l'INESSS
Refus d’inscription – Valeur thérapeutique
Décision du Ministre
À venir
Évaluation publiée le 30 septembre 2026
INESSSid: 29059
Recevable le 02 février 2026
Téléchargez l'Avis au ministre sur Iqirvo (cholangite biliaire)
La cholangite biliaire primitive (CBP) est une maladie rare et chronique du foie. Elle survient principalement chez les femmes âgées de 40 à 60 ans. C’est une maladie dans laquelle le système immunitaire s’attaque aux petits canaux biliaires du foie. Ces canaux transportent normalement la bile, substance qui joue un rôle important dans la digestion et l’élimination de certains déchets. Cette atteinte perturbe l’écoulement de la bile et entraine son accumulation dans le foie, ce qui favorise une inflammation et des lésions aux cellules du foie. Avec le temps, cette inflammation peut entrainer la formation de tissu cicatriciel dans le foie, appelée fibrose. Lorsque les cicatrices deviennent importantes, elles peuvent évoluer vers une cirrhose. Au début, la CBP ne cause souvent aucun symptôme. Certaines personnes peuvent toutefois ressentir une fatigue importante ou des démangeaisons parfois très intenses. Au stade de la cirrhose, un jaunissement de la peau et du blanc des yeux, des saignements inhabituels ou des difficultés de concentration peuvent apparaître.
Le traitement de la maladie vise à en ralentir la progression et à en réduire les symptômes, notamment la fatigue et les démangeaisons. Le 1er choix de traitement est l’ursodiol. Lorsque celui-ci n’est pas suffisamment efficace, d’autres médicaments comme l’acide obéticholique (OcalivaMC) ou le bézafibrate peuvent être ajoutés. Malgré ces traitements, certains patients continuent d’avoir des symptômes importants ou voient leur maladie évoluer vers une cirrhose, ce qui peut nécessiter une greffe de foie voire entraîner le décès. Il existe donc un besoin de nouvelles options visant à réduire les symptômes, à améliorer la qualité de vie et à prévenir les complications graves de la maladie.
L’élafibranor (IqirvoMC) cible des mécanismes impliqués dans la CBP, notamment la régulation des acides biliaires et les processus inflammatoires au niveau du foie. Le médicament se prend par la bouche 1 fois par jour, en ajout à l’ursodiol ou seul, si l’ursodiol n’est pas toléré. Il a obtenu une approbation de Santé Canada à condition que le fabricant soumette des données supplémentaires permettant de confirmer ultérieurement le bénéfice clinique.
La présente évaluation est une réévaluation de l’élafibranor pour le traitement de la CBP. Dans le cadre de sa 1re évaluation, l’INESSS n’avait pas reconnu la valeur thérapeutique sur la base de l’appréciation d’une étude de bonne qualité comparant ce médicament à un placebo. Les résultats montraient une amélioration de certains paramètres du foie après 1 an, mais sans effet significatif sur les démangeaisons, la fatigue ou la qualité de vie, tandis que son effet en termes de prévention des complications demeurait inconnu. De plus, des effets secondaires préoccupants, tels que des douleurs musculaires, des fractures et une détérioration de la fonction des reins, avaient été observés. Ainsi, malgré une efficacité sur les paramètres du foie comparable à celle d’autres traitements selon des comparaisons indirectes, l’INESSS n’avait pas été en mesure de reconnaître la valeur thérapeutique de l’élafibranor pour cette indication.
Les nouvelles données soumises pour la réévaluation montrent que les améliorations observées sur les paramètres du foie après 1 an de traitement se maintiennent jusqu’à environ 3,5 ans. Elles suggèrent aussi une diminution de la fatigue et des démangeaisons chez certains patients. Toutefois, ces résultats proviennent d’analyses exploratoires issues d’un petit nombre de patients pour la plupart sans groupe comparateur. Les informations additionnelles analysées rassurent quant aux inquiétudes soulevées antérieurement concernant la santé des os et le risque de fractures. Il est toutefois encore difficile de savoir dans quelle mesure l’élafibranor prévient la progression de la maladie hépatique et ses complications et s’il permet de prolonger l’espérance de vie et d’en améliorer sa qualité. Les bénéfices de l’élafibranor étant trop incertains, l’INESSS n’est pas en mesure de reconnaître sa valeur thérapeutique.
Puisque la valeur thérapeutique de IqirvoMC n’est pas reconnue, les 4 autres aspects prévus par la loi n’ont pas été évalués. Ceux-ci sont :
- la justesse du prix ;
- le rapport entre le coût et l’efficacité du traitement ;
- les conséquences, sur la santé de la population et sur les autres composantes du système de santé, de l’inscription de ce médicament sur la liste ;
- l’opportunité de l’inscrire au regard de l’objet du régime général.