Extrait d'avis au ministre
Imfinzi (Cancer stade précoce estomac ou JGO)
Nom du fabricant : AZC
Forme : Sol. Perf. I.V. (fiole)
Teneur : 50 mg/ml (2,4 ml et 10 ml)
Indication : Traitement de l'adénocarcinome gastrique ou de la jonction gastro-oesophagienne opérable (stades II à IVA), en association avec chimiothérapie (FLOT), suivi du durvalumab en monothérapie
Recommandation de l'INESSS
Inscription – Sous conditions
Décision du Ministre
À venir
Évaluation publiée le 02 juillet 2026
INESSSid: 28123
Recevable le 27 octobre 2025
Téléchargez l'Avis au ministre sur Imfinzi (Cancer stade précoce estomac ou JGO)
Les cancers de l’estomac et de la jonction gastro-œsophagienne (JGO) sont des cancers graves. Ils se traitent de façon similaire. Au début de la maladie, les personnes atteintes ressentent peu de symptômes. Ainsi, moins de la moitié de ces cancers sont détectés assez tôt pour espérer une guérison avec un traitement. Lorsque la maladie est localisée et que l’état de santé le permet, la plupart des patients reçoivent une chimiothérapie combinant plusieurs médicaments. Ils subissent aussi une chirurgie pour retirer la tumeur. Malgré ces traitements, le risque que la maladie progresse demeure élevé.
Le durvalumab (ImfinziMC) est une immunothérapie. Il agit en activant le système immunitaire afin qu’il s’attaque aux cellules cancéreuses. Il s’ajoute à une combinaison de médicaments anticancéreux appelée FLOT. Ce traitement vise à prévenir les récidives de la maladie et à prolonger la vie. Il s’administre par voie intraveineuse avec la chimiothérapie FLOT avant et après la chirurgie. Ensuite, le durvalumab se poursuit sans chimiothérapie jusqu’à un maximum de 1 an après la chirurgie.
L’efficacité et les effets secondaires du durvalumab ont été évalués dans une étude de bonne qualité. Les résultats montrent que moins de personnes du groupe ayant reçu le durvalumab avec chimiothérapie FLOT ont eu une récidive ou une progression de leur cancer ou étaient décédées par rapport à ceux qui ont pris la chimiothérapie FLOT seule. Les bénéfices semblent toutefois varier entre autres selon les caractéristiques de la tumeur ou de la maladie. Dépendamment de ces dernières, ce traitement pourrait apporter moins de bénéfices. Le durvalumab peut entraîner des effets secondaires provoqués par l’activation du système immunitaire. Ceux-ci doivent être surveillés étroitement, puisque leur incidence peut être grave. Somme toute, l’ajout de durvalumab à la chimiothérapie FLOT périopératoire suivi d’une monothérapie représente une option de traitement supplémentaire à ce stade de la maladie.
Le coût de traitement du protocole périopératoire incluant le durvalumab est élevé, celui-ci s’ajoutant au coût de la chimiothérapie FLOT. De plus, ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport au FLOT seul n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de cette nouvelle indication au durvalumab entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 90 millions de dollars sur le budget des établissements de santé pour le traitement de 965 patients.
Pour ces cancers, le traitement par le durvalumab entraînerait un effet non négligeable sur les ressources du système de santé puisqu’il prolonge de plusieurs mois la durée du traitement par rapport à l’observation postopératoire seule. Par ailleurs, la gestion de ses effets secondaires liés à l’activation du système immunitaire pourrait entraîner des suivis supplémentaires.
L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement permettant d’augmenter les taux de guérison et de prolonger la vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser ImfinziMC pour le traitement du cancer de l’estomac ou de la JGO opérable à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.