Extrait d'avis au ministre

Enhertu (cancer du sein)

Dénomination commune / Sujet : trastuzumab déruxtécan
Nom du fabricant : AZC
Forme : Pd. Perf. I.V. (fiole)
Teneur : 100 mg

Indication : Cancer du sein non résécable ou métastatique (RH+ et surexpression légère ou très légère HER2)

Recommandation de l'INESSS
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Décision du Ministre
Surseoir à la décision (2026-02-04)

Évaluation publiée le 04 février 2026

INESSSid: 26927
Recevable le 09 juin 2025

Téléchargez l'Avis au ministre sur Enhertu (cancer du sein)

Extrait d'avis à la ministre sur Enhertu 781 KiO

Le cancer du sein est un cancer fréquent chez les femmes au Québec. Il peut aussi toucher les hommes, mais cela survient rarement. Lorsque ce cancer ne peut plus être retiré totalement par chirurgie ou qu’il est métastatique, c’est-à-dire lorsqu’il s’est propagé à d’autres parties du corps, il n'existe aucun traitement pour le guérir. À ce stade de la maladie, chez plus de la moitié des patientes, le cancer présente des récepteurs hormonaux (RH+) et peut fabriquer en quantité variable, mais plus importante que la normale, une protéine appelée récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2). Cette évaluation concerne celles dont le cancer présente une quantité « ultrafaible » ou « faible » de la protéine HER2.

Actuellement, ces patientes se voient le plus souvent offrir un traitement de type « hormonothérapie » en association avec un médicament de la classe des « inhibiteurs du CDK4/6 ». Si le cancer progresse, d’autres hormonothérapies, différentes de la 1re, peuvent être envisagées. Elles peuvent être administrées seules ou associées à d’autres médicaments. Lorsque le cancer ne répond plus aux traitements à base d’hormonothérapie, les patientes se voient alors offrir une succession de chimiothérapies, dont les taxanes. Parmi les autres médicaments pouvant être offerts par la suite, on compte le trastuzumab déruxtécan (EnhertuMC), soit le médicament présentement évalué, et le sacituzumab govitécan (TrodelvyMC).

Le trastuzumab déruxtécan est un médicament qui cible le HER2 et qui libère une chimiothérapie dans la cellule cancéreuse. Comme il en a été fait mention, il est actuellement utilisé entre autres pour traiter les personnes atteintes d’un cancer du sein inopérable ou métastatique HER2 faible, qui ont notamment déjà reçu au moins 1 chimiothérapie. Il vise à retarder la progression de la maladie et à prolonger la vie, mais il ne permet pas de guérir, tout comme les autres traitements actuels. Il s’administre par voie intraveineuse. 

L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du trastuzumab déruxtécan chez les personnes dont le cancer est RH+ et HER2 faible ou ultrafaible et qui ne peuvent plus recevoir de thérapies hormonales, mais qui n’ont pas encore reçu de chimiothérapie, repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats démontrent que par rapport aux chimiothérapies habituelles, le trastuzumab déruxtécan retarde la progression de la maladie. Toutefois, les données actuelles ne permettent pas de conclure que ce médicament pourrait prolonger la vie des patientes. Le trastuzumab déruxtécan cause un peu plus d’effets indésirables que les chimiothérapies généralement utilisées à ce stade de la maladie, qui peuvent majoritairement être pris en charge par les équipes traitantes. Il peut provoquer, chez certaines patientes, des maladies pulmonaires qui peuvent être graves; une surveillance particulière est nécessaire pour réduire le risque de cette complication. Globalement, le trastuzumab déruxtécan ne semble pas nuire à la qualité de vie des patientes. Il représenterait donc une option de traitement supplémentaire pour les patientes chez qui le cancer est HER2 ultrafaible ou pourrait être administré plus tôt dans la maladie pour celles dont le cancer est HER2 faible.

Le coût de traitement du trastuzumab déruxtécan est élevé. Il est supérieur à celui des chimiothérapies, soit la capécitabine ou le paclitaxel. Toutefois, ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patientes). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieur par rapport à ces chimiothérapies n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’ajout de cette nouvelle indication du trastuzumab déruxtécan entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 25,8 millions de dollars sur le budget du système de santé pour le traitement de 632 patientes.

L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patientes et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement permettant de retarder la progression de la maladie tout en en maintenant la qualité de vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser EnhertuMC pour le traitement du cancer du sein non résécable ou métastatique chez les personnes dont le cancer est RH+/HER2 faible ou ultrafaible à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.

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