Extrait d'avis au ministre

Columvi (lymphome - LDGCB)

Dénomination commune / Sujet : glofitamab
Nom du fabricant : Roche
Forme : Sol. Perf. I.V. (fiole)
Teneur : 1 mg/ml (2,5 ml), 1 mg/ml (10 ml)

Indication : Lymphome diffus à grandes cellules B (2e intention ou plus, association avec la gemcitabine et l’oxaliplatine)

Recommandation de l'INESSS
Inscription - Sous conditions

Décision du Ministre
Surseoir à la décision (2026-02-04)

Évaluation publiée le 04 février 2026

INESSSid: 26528
Recevable le 24 mars 2025

Téléchargez l'Avis au ministre sur Columvi (lymphome - LDGCB)

Extrait d'avis à la ministre sur Columvi 875 KiO

Le lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) est un cancer des ganglions. Il est considéré comme de nature très agressive, car il peut évoluer rapidement. L’âge moyen au moment du diagnostic est d’environ 65 ans. Le traitement initial repose généralement sur une combinaison de médicaments anticancéreux (immunothérapie et chimiothérapie). Si la maladie progresse ou réapparaît après ce traitement, certaines personnes peuvent recevoir une greffe de moelle osseuse ou une immunothérapie par cellules T à récepteur antigénique chimérique de type CAR-T lorsque leur état de santé le permet. Pour les patients qui ne sont pas admissibles à ces options, d’autres traitements peuvent être proposés, comme une combinaison d’immunothérapie et de chimiothérapie différente de la précédente, ou l’association de tafasitamab (MinjuviMC) et de lénalidomide (RevlimidMC et versions génériques) (association Tafa-Len), ou un médicament de la classe des anticorps bispécifiques, comme le glofitamab (ColumviMC) ou l’epcoritamab (EpkinlyMC). Le choix de traitement dépend de l’état du patient, des traitements reçus antérieurement et du moment de réapparition de la maladie. Ces traitements visent à ralentir la progression de la maladie, à prolonger la vie et à améliorer la qualité de vie. Lorsque la maladie progresse malgré les traitements, l’espérance de vie peut être limitée à quelques mois.

Le glofitamab est un médicament qui peut aussi être utilisé en association avec la gemcitabine et l’oxaliplatine (association Glofit-GemOx) pour traiter le LDGCB chez les patients qui ne peuvent pas recevoir de greffe de moelle osseuse ou de thérapie par cellules CAR-T, et chez qui la maladie a évolué après au moins 1 traitement combinant une immunothérapie et une chimiothérapie. Il s’administre par voie intraveineuse. 

L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires du glofitamab repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats de cette étude démontrent que l’association Glofit-GemOx prolonge la vie des patients et retarde la progression de la maladie, comparativement au rituximab en association avec la gemcitabine et l’oxaliplatine (association R-GemOx). De plus, les résultats de l’étude montrent que la combinaison Glofit-GemOx permet à davantage de patients d’avoir une réponse complète au traitement, c’est-à-dire que la maladie n’est plus détectable. Cependant, le glofitamab peut provoquer des effets secondaires graves, comme une forte réaction inflammatoire dans tout le corps, appelée syndrome de relargage des cytokines, et des problèmes neurologiques. Puisque d’autres traitements peuvent être utilisés lorsque la maladie réapparaît ou progresse après le traitement initial, l’INESSS a évalué une étude comparant indirectement l’association Glofit-GemOx à 2 autres options : l’association Tafa-Len et le glofitamab seul. À la lumière de cette comparaison, l’INESSS est d’avis qu’il n’est pas possible de conclure que l’association Glofit-GemOx est plus efficace que ces 2 autres options de traitement.

Le coût de traitement de l’association Glofit-GemOx est élevé. Il est supérieur à celui de l’association R-GemOx et du glofitamab seul. Ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité par rapport à ces 2 comparateurs n’est pas favorable. Le coût de traitement de l’association Glofit-GemOx demeure toutefois inférieur à celui de l’association Tafa-Len, et ce, pour des bénéfices de santé qui se ressemblent. 

De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de l’association Glofit-GemOx entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 7,2 M de dollars sur le budget des établissements de santé pour le traitement de 317 patients.

Par ailleurs, en raison des modalités d’administration du traitement et du suivi des effets secondaires, l’association Glofit-GemOx nécessite la mobilisation de nombreuses ressources du système de santé, particulièrement en début de traitement. Une brève hospitalisation peut être requise pour les 1res doses, ce qui pourrait limiter l’accessibilité au traitement.

L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement qui retardent la progression de la maladie et qui prolongent la vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande à la ministre de rembourser ColumviMC pour le traitement du lymphome diffus à grandes cellules B récidivant ou réfractaire chez les personnes qui ne peuvent pas recevoir une greffe de moelle osseuse, à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.

Abonnez-vous à notre infolettre dès maintenant

Abonnement