Extrait d'avis au ministre

Calquence (lymphome à cellules du manteau)

Dénomination commune / Sujet : acalabrutinib
Nom du fabricant : AZC
Forme : Co.
Teneur : 100 mg

Indication : Lymphome à cellules du manteau (association avec la bendamustine et le rituximab)

Recommandation de l'INESSS
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Décision du Ministre
Surseoir à la décision (2026-02-04)

Évaluation publiée le 05 janvier 2026

INESSSid: 26941
Recevable le 12 mai 2025

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Extrait d'avis au ministre sur Calquence(LCM) 755 KiO

Le lymphome à cellules du manteau (LCM) est un cancer peu fréquent qui touche les ganglions. Il est considéré comme grave et incurable, mais sa progression peut être plus ou moins rapide selon certaines de ses caractéristiques. Les personnes reçoivent ce diagnostic autour de l’âge de 66 ans et leur espérance de vie est généralement de moins de 10 ans. Les traitements actuellement offerts visent à ralentir la progression du LCM et à améliorer le confort des patients. Le traitement initial est choisi selon la capacité du patient à tolérer une chimiothérapie forte et, dans certains cas, une greffe de moelle osseuse. Ceux qui ne peuvent tolérer ces traitements reçoivent une chimiothérapie plus « douce », c’est-à-dire plus facile à tolérer, composée de bendamustine et de rituximab (BR). Ensuite, le rituximab est donné seul pendant un maximum de 2 ans pour garder la maladie sous contrôle. Malgré cela, la majorité des patients présenteront éventuellement une rechute de la maladie.

L’acalabrutinib (CalquenceMC) est un médicament qui bloque une protéine, appelé tyrosine kinase de Bruton, laquelle est importante dans le développement du LCM. Ce médicament est utilisé en combinaison avec la chimiothérapie composée de BR pendant 6 cycles, en association avec le rituximab pendant 2 ans, puis en monothérapie par la suite, chez les personnes atteintes d’un LCM qui n’ont jamais été traitées auparavant et qui ne peuvent recevoir une chimiothérapie forte ou une greffe de cellules souches. L’acalabrutinib s’administre quotidiennement par voie orale jusqu’à la progression de la maladie ou jusqu’à l’apparition d’effets secondaires importants.

L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires de l’association acalabrutinib – BR (ABR) repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats montrent que chez les personnes atteintes d’un LCM qui n’a jamais été traité, cette association retarde la progression de la maladie d’environ 17 mois, par rapport à l’association BR. Toutefois, les données actuelles ne permettent pas de conclure qu’elle pourrait prolonger la vie des patients. Cette association entraîne aussi plus d’effets secondaires que l’association BR, notamment des nausées, de la diarrhée, des maux de tête, de la toux et des vomissements. De plus, l’ajout de l’acalabrutinib à l’association BR ne semble pas diminuer davantage la qualité de vie des personnes atteintes d’un LCM. Ce traitement représente une option supplémentaire à ce stade de la maladie.

Le coût de traitement de l’association ABR est élevé, il est supérieur à celui de l’association BR. Ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité par rapport à l’association BR n’est pas favorable.  

De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de cette association de médicaments entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 22,6 millions de dollars sur le budget des établissements et environ 3,9 millions de dollars d’économies sur le budget de la RAMQ pour le traitement de 210 patients.

L’INESSS est conscient qu’il est important, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement pouvant retarder la progression de la maladie et de maintenir une bonne qualité de vie. Cependant, dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande au ministre de rembourser CalquenceMC en association avec BR pour le traitement de 1re intention du LCM chez les patients non admissibles à une chimiothérapie forte ou à une autogreffe de cellules souches à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.

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