Extrait d'avis au ministre

Braftovi (cancer colorectal non résécable ou métastatique)

Dénomination commune / Sujet : encorafénib
Nom du fabricant : Pfizer
Forme : Caps
Teneur : 75 mg

Indication : Traitement de 1er intention du cancer colorectal métastatique porteur d’un variant V600E du gène BRAF

Recommandation de l'INESSS
Refus d’inscription – Ensemble des aspects

Décision du Ministre
À venir

Évaluation publiée le 13 mai 2026

INESSSid: 27650
Recevable le 08 septembre 2025

Téléchargez l'Avis au ministre sur Braftovi (cancer colorectal non résécable ou métastatique)

Extrait d'avis à la ministre sur Braftovi 751 KiO

Le cancer colorectal (CCR), qui touche le côlon et le rectum, est l’un des plus fréquents au Canada. Au moment du diagnostic, plus de la moitié des CCR sont de stade localement avancé ou métastatique, ce qui signifie que la tumeur est de grande taille ou que le cancer s’est propagé dans la région près de la tumeur ou à d’autres parties du corps. Certains CCR présentent des anomalies génétiques, notamment certains variants pathogènes présents dans la séquence du gène « BRAF ». Cette caractéristique fait en sorte que le cancer est de nature plus agressive. Actuellement, les CCR de stade localement avancé qui ne peuvent pas être retirés par une chirurgie (non résécables) ou de stade métastatique et qui présentent un variant pathogène du gène BRAF sont traités avec une combinaison de médicaments anticancéreux (chimiothérapie), tels que FOLFOX, mFOLFOX6, CAPOX ou FOLFIRI, administrés avec ou sans bévacizumab. Tous ces traitements ont comme objectif de ralentir la progression de la maladie, de prolonger la vie et de maintenir la qualité de vie des patients. 

L’encorafénib (BraftoviMC) est un médicament qui cible un variant pathogène précis de BRAF et qui s’administre par voie orale. Il est donné en association avec le cétuximab (ErbituxMC), qui est un anti-EGFR, et la chimiothérapie mFOLFOX6 aux patients atteints d’un CCR métastatique qui présente ce variant de BRAF. Comme les autres traitements offerts, l’association encorafénib/cétuximab/mFOLFOX6 vise à ralentir la progression de la maladie, à prolonger la vie et à maintenir la qualité de vie. 

L’évaluation de l’efficacité et des effets secondaires de l’association encorafénib/cétuximab/mFOLFOX6 repose sur une étude de bonne qualité. Les résultats de cette étude démontrent que l’association encorafénib/cétuximab/mFOLFOX6 prolonge la vie des patients et retarde la progression de la maladie, comparativement à la chimiothérapie. De plus, elle est associée à une réduction de la taille de la tumeur chez un pourcentage plus élevé de patients. L’association encorafénib/cétuximab/mFOLFOX6 entraîne plus d’effets secondaires que la chimiothérapie seule, comme des réactions sur la peau, des douleurs aux articulations et des vomissements, mais ne semble pas nuire davantage à la qualité de vie des patients.

Le coût de traitement de l’association encorafénib/anti-EGFR/mFOLFOX6 est trop élevé. Il est de beaucoup supérieur à celui des chimiothérapies standards seules ou associées au bévacizumab. De plus, ce coût additionnel ne peut être justifié par les bienfaits cliniques qu’il procure (c.-à-d. ses effets bénéfiques sur la durée et la qualité de vie des patients). De fait, le rapport entre son coût et son efficacité supérieure par rapport aux chimiothérapies standards seules ou associées au bévacizumab n’est pas favorable. De plus, l’INESSS estime que durant les 3 premières années, le remboursement de cette nouvelle indication de l’encorafénib entraînerait des dépenses additionnelles d’environ 38 millions de dollars sur le budget des établissements de santé pour le traitement de 452 patients.

L’INESSS est conscient qu’il est important, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement pouvant retarder la progression de la maladie et prolonger la vie. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. Dans ce contexte, puisque le coût de BraftoviMC est très élevé par rapport aux bénéfices démontrés et qu’il engendre des coûts importants sur le budget des établissements de santé, l’INESSS recommande à la ministre de ne pas rembourser BraftoviMC pour le traitement de 1re intention du CCR non résécable ou métastatique présentant un variant pathologique BRAF.

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