Le syndrome de fatigue chronique

2010-06-18 | 

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) est un problème de santé caractérisé par une fatigue invalidante ne résultant pas d’un effort physique, qui se prolonge au-delà de six mois et s’associe à divers symptômes physiques non spécifiques, tels des troubles de mémoire, des perturbations du sommeil, des douleurs articulaires et musculaires, des céphalées, divers symptômes digestifs et la présence de ganglions douloureux. Cette maladie, dont on ignore la cause, peut parfois survenir à la suite d’infections virales, comme la mononucléose. La prévalence précise de cette maladie est inconnue au Québec, mais pourrait affecter plusieurs milliers de personnes et se solder par l’invalidité pour plusieurs d’entre elles. Le diagnostic du SFC repose exclusivement sur l’évaluation clinique, fondée sur des critères validés par des cliniciens et des chercheurs experts dans le domaine. Les tests de laboratoire ou d’imagerie servent à exclure d’autres affections médicales ou psychiatriques pouvant expliquer la fatigue et à détecter la présence de maladies concomitantes comme la dépression.

Le diagnostic du SFC est complexe en raison de la variété des manifestations de la maladie et du caractère subjectif du symptôme principal. Cela alimente le scepticisme de certains professionnels de la santé quant à l’existence même du SFC, d’autant plus que les nombreuses recherches réalisées n’ont pas réussi à cerner l’origine de la maladie. Sur le plan clinique, toutefois, la littérature scientifique permet de constater que le SFC est reconnu à l’échelle internationale comme une maladie à part entière. Il fait d’ailleurs l’objet d’une entrée dans la dernière classification internationale des maladies (CIM-10) de l’Organisation mondiale de la santé.

Les soins et services offerts par le réseau de la santé répondent difficilement aux besoins et aux attentes des personnes qui souffrent du syndrome. La consultation de professionnels et de patients souffrant du SFC a amené l’AETMIS à conclure qu’il faut améliorer les connaissances des intervenants ainsi que les capacités du réseau de la santé et des services sociaux de prendre en charge de façon globale les personnes atteintes. Ces améliorations pourraient s’appuyer, entre autres, sur la création de un ou de deux centres spécialisés offrant un soutien pour le diagnostic et la réadaptation. Ces centres auraient notamment pour mission :

  • de former des équipes médicales interdisciplinaires de consultants capables d’établir le diagnostic de cette maladie;
  • de créer des ententes avec les milieux de la réadaptation communautaires et institutionnels afin d’organiser une prise en charge thérapeutique interdisciplinaire;
  • de participer à la formation des professionnels, tant dans le cadre universitaire que dans celui de la formation continue;
  • de promouvoir et de soutenir la recherche sur l’épidémiologie, l’étiologie, la physiopathologie et la prise en charge médicale de cette maladie.


L’AETMIS recommande également que les responsables de la formation continue des associations et des ordres professionnels consacrent une place au syndrome de fatigue chronique dans leurs programmes.

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