Extrait d'avis au ministre

Zeftera

Dénomination commune / Sujet : Ceftobiprole
Nom du fabricant : J.O.I.
Forme : Poudre pour perfusion intraveineuse
Teneur : 500 mg

Indication : Infection compliquée de la peau et des tissus mous

Recommandation de l'INESSS
Ajout aux listes de médicaments – Médicament d'exception

Décision du Ministre
Information actuellement non disponible en ligne

Evaluation publiée le 01 juin 2009

Description du médicament

Le ceftobiprole est un nouvel antibiotique de la classe des céphalosporines. Il exerce une activité bactéricide contre un large spectre de bactéries à Gram positif et à Gram négatif en plus d’agir contre les staphylocoques résistants à la méthicilline (SARM). Il est indiqué chez des personnes âgées de 18 ans ou plus pour le traitement des infections suivantes lorsqu’elles sont causées par des souches sensibles des micro-organismes cités : infections compliquées de la peau et des annexes cutanées, y compris les infections du pied diabétique ne menaçant pas le membre et sans ostéomyélite concomitante, causées par : E. cloacae, E. coli, K. pneumoniae, P. mirabilis, S. aureus (y compris les isolats méthicillino-résistants) et S. pyogenes.

Plusieurs antibiotiques utilisés pour ces indications sont inscrits sur les listes de médicaments, notamment la vancomycine (pms-VancomycinMC), le linézolide (ZyvoxamMC) et la tigécycline (TygacilMC).

Valeur thérapeutique

Les résultats de deux essais cliniques randomisés et contrôlés documentent l’efficacité et l’innocuité du ceftobiprole pour le traitement des adultes atteints d’infections compliquées de la peau et des annexes cutanées. Ces infections, qui impliquent des tissus sous-cutanés ou peuvent nécessiter une chirurgie, se présentent sous forme d’une infection de plaies, d’un abcès ou d’une cellulite.

L’étude de Noel (janvier 2008) compare l’efficacité du ceftobiprole à celle de la vancomycine pour le traitement des infections causées par des organismes à Gram positif. La bactérie la plus fréquemment isolée est le S. aureus et près du tiers des isolants sont résistants à la méthicilline. Les résultats de cette étude démontrent la non-infériorité du ceftobiprole par rapport à la vancomycine. Le taux de guérison avec le ceftobiprole ne serait pas compromis par la présence d’un SARM. Toutefois, cette dernière observation provient d’une analyse de sous-groupes dont le Conseil reconnaît les limites.

Pour le traitement des infections mixtes, une deuxième étude de Noel (mars 2008) compare le ceftobiprole à un traitement associant la vancomycine et la ceftazidime. Une infection du pied diabétique sans ostéomyélite et qui ne menace pas le membre est diagnostiquée chez environ 30 % des sujets. Parmi les infections causées par S. aureus, un tiers le sont par un SARM. La proportion de sujets guéris avec le ceftobiprole est semblable à celle obtenue avec le traitement comparateur. Les résultats démontrent la non-infériorité du ceftobiprole par rapport à la combinaison de vancomycine et de ceftazidime, même en présence d’une infection du pied diabétique ou d’un SARM. Cependant, malgré des taux de succès intéressants, le critère de non-infériorité n’est pas satisfait en présence d’autres pathogènes tels que E. coli, P. aeruginosa et S. pyogenes. Toutefois, le Conseil ne peut se prononcer avec certitude sur les résultats de ces sous-analyses. Le nombre limité de sujets dans chacun des groupes empêche l’obtention d’une puissance statistique suffisante pour évaluer adéquatement l’efficacité du ceftobiprole dans ces situations.

En résumé, les résultats de ces études démontrent la non-infériorité du ceftobiprole comparativement à la vancomycine, seule ou en association, pour le traitement des infections compliquées de la peau et des annexes cutanées, notamment celles causées par un SARM. Le Conseil reconnaît donc la valeur thérapeutique du ceftobiprole pour cette indication.

Aspects économique et pharmacoéconomique

Le coût quotidien du traitement avec le ceftobiprole varie de 100 $ à 150 $, selon le type d’infection pour lequel il est utilisé.

Du point de vue pharmacoéconomique, le Conseil a évalué deux analyses de minimisation des coûts. La première compare le coût d’un traitement avec le ceftobiprole à celui avec la vancomycine ou avec le linézolide pour le traitement des infections causées par des bactéries à Gram positif. La deuxième compare plutôt le coût du traitement avec le ceftobiprole à celui d’une monothérapie avec la tigécycline et de deux combinaisons à base de vancomycine pour le traitement des infections causées par des bactéries mixtes.

Selon l’hypothèse d’une efficacité semblable entre les différents comparateurs et selon leur prix d’acquisition respectif par les regroupements d’achats des établissements de santé du Québec, l’usage du ceftobiprole représente des coûts additionnels significatifs par rapport à la vancomycine ainsi que des économies relativement à un traitement par le linézolide ou la tigécycline. Pour ces raisons, le ceftobiprole satisfait aux critères économique et pharmacoéconomique lorsque son usage est restreint à la deuxième intention de traitement, soit pour traiter les infections compliquées de la peau et des annexes cutanées prouvées ou présumées à SARM lorsque la vancomycine en combinaison avec un autre antibiotique est inefficace, contre-indiquée ou non tolérée.

Conclusion

En tenant compte de l’ensemble des critères prévus à la Loi,le Conseil a recommandé l’inscription de ZefteraMC à la section des médicaments d'exception des listes de médicaments selon l’indication reconnue suivante :

  • pour le traitement des infections compliquées cutanées prouvées ou présumées à staphylocoques résistants à la méthicilline (SARM) :

    • lorsque la vancomycine est inefficace, contre-indiquée ou non tolérée;

      ou

    • dans le cas d’une infection polymicrobienne, lorsque la vancomycine en combinaison avec un autre antibiotique est inefficace, contre-indiquée ou non tolérée.

 

Principales références utilisées

Noel GJ, Bush K, Bagchi P, et coll. A randomized, double-blind trial comparing ceftobiprole medocaril with vancomycin plus ceftazidime for the treatment of patients with complicated skin and skin-structure infections. Clin Infect Dis, Mar. 2008; 46: 647-55.

Noel GJ, Strauss RS, Amsler K, et coll. Results of a double-blind, randomized trial of ceftobiprole treatment of complicated skin and skin structure infections caused by Gram-positive bacteria. Antimicrob Agents Chemother, Jan. 2008; 52(1): 37-44.

Note : D’autres références, publiées ou non publiées, ont été consultées.

 

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