Extrait d'avis au ministre

Remicade

Dénomination commune / Sujet : Infliximab
Nom du fabricant : Schering
Forme :
Teneur :

Indication : Psoriasis en plaques

Recommandation de l'INESSS
Ajout d'une indication reconnue par le Conseil – Médicament d'exception

Décision du Ministre
Information actuellement non disponible en ligne

Evaluation publiée le 1 juin 2008

Description du médicament

L’étanercept et l’infliximab sont des agents modulateurs de la réponse biologique qui inhibent l’activité du facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α). Ce dernier est impliqué dans le développement des maladies inflammatoires, infectieuses et auto-immunes. L’étanercept et l’infliximab sont indiqués pour le traitement des adultes atteints d’une forme modérée ou grave de psoriasis en plaques chronique et candidats à un traitement systémique ou de la photothérapie.

Depuis juin 2007, le Conseil reconnaît la valeur thérapeutique de l’étanercept et de l’infliximab pour le traitement du psoriasis en plaques modéré ou grave. Des nouvelles données ont permis la réévaluation de ces agents avec pour but de préciser une population pour laquelle leur utilisation est coût-efficace.

Valeur thérapeutique

Le Conseil considère que la combinaison des résultats de plusieurs outils de mesure, plutôt que le résultat d’un seul, permet de sélectionner les personnes qui bénéficieront le plus d’une thérapie par des agents biologiques. En se basant sur des données probantes, les outils validés suivants sont retenus :

  • L’index PASI (Psoriasis Area and Severity Index). Il s’agit d’une échelle d’appréciation de l’étendue, de l’aspect et de la localisation des lésions qui prend aussi en compte l’érythème et la desquamation. Sur un total de 72 points, un PASI de 20 points ou plus correspond à une forme très sévère de psoriasis.
  • Le questionnaire DLQI (Dermatology Life Quality Index). Il a été développé pour mesurer l’impact d’une maladie dermatologique sur la qualité de vie et le fonctionnement des personnes atteintes. Il compte 10 questions pour un maximum de 30 points, un score élevé indiquant que la personne est très affectée par sa condition.

En plus de ces outils, le Conseil juge que des plaques importantes au niveau du visage, de la paume des mains, de la plante des pieds ou de la région génitale, bien qu’elles ne s’étendent pas toujours sur une grande surface, peuvent influencer significativement le fonctionnement ainsi que la qualité de vie des individus. Finalement, ces agents doivent être réservés à des situations de dernier recours, lorsque la photothérapie et les traitements systémiques usuels n’ont pas permis un contrôle adéquat de la maladie.

Bien que le Conseil reconnaisse que le questionnaire DLQI procure une mesure subjective, cet outil peut être utilisé à des fins de sélection lorsqu’il est combiné au PASI. Dans ce contexte, il permet d’identifier des personnes qui souffrent de limitations sociales et fonctionnelles significatives, en raison de lésions importantes.

Aspects économique et pharmacoéconomique

Pour le traitement du psoriasis, la dose d’étanercept est de 50 mg deux fois par semaine pendant douze semaines puis de 50 mg une ou deux fois par semaine. Le coût annuel de traitement varie de 21 505 $ à 34 945 $ la première année et de 17 472 $ à 34 945 $ les années subséquentes. Quant à l’infliximab, la dose recommandée est de 5 mg/kg sous forme de perfusion intraveineuse aux semaines 0, 2 et 6, puis aux huit semaines, ce qui correspond à un coût annuel de 30 080 $ la première année et de 24 440 $ les années subséquentes pour une personne de 80 kg.

Du point de vue pharmacoéconomique, le Conseil juge qu’il est pertinent de considérer la perte de productivité des personnes atteintes de psoriasis. Par conséquent, de nouvelles analyses pharmacoéconomiques réalisées dans une perspective sociétale ont été privilégiées. Après analyse et modification par le Conseil, les nouveaux résultats permettent d’identifier une population chez laquelle les médicaments sont coût-efficaces. Il s’agit d’un sous-groupe de sujets dont la gravité de la maladie est caractérisée par un index PASI ≥ 15 et un résultat au questionnaire DLQI ≥ 15. Chez cette population, l’utilisation de l’étanercept ou de l’infliximab entraîne alors des coûts additionnels en soins de santé qui sont justifiés par un gain en année de vie gagnée pondérée par la qualité (QALY). Notons que ces individus sont plus gravement atteints que l’ensemble des sujets présents dans les études cliniques évaluant l’efficacité des médicaments. Par conséquent, le Conseil conclut que, pour cette population, l’étanercept et l’infliximab rencontrent les critères économique et pharmacoéconomique.

Conclusion

En tenant compte de l’ensemble des critères prévus à la Loi, le Conseil a recommandé l’ajout d’une nouvelle indication reconnue pour EnbrelMC et RemicadeMC à la section des médicaments d’exception des listes de médicaments soit :

  • pour le traitement des personnes atteintes d’une forme grave de psoriasis en plaques chronique :

    • en présence d’un score égal ou supérieur à 15 sur l’échelle de sévérité du psoriasis (PASI) ou de plaques importantes au niveau du visage, de la paume des mains, de la plante des pieds ou de la région génitale;

      et

    • en présence d’un score égal ou supérieur à 15 au questionnaire d’évaluation de la qualité de vie (DLQI);

      et

    • lorsqu’un traitement de photothérapie de 30 séances ou plus pendant 3 mois n’a pas permis un contrôle optimal de la maladie, à moins que ce traitement soit contre‑indiqué, ne soit pas toléré, ne soit pas accessible ou qu’un traitement de 12 séances ou plus pendant 1 mois n’ait pas procuré d’amélioration significative des lésions;

      et

    • lorsqu’un traitement avec 2 agents de rémission, utilisés en concomitance ou non, pendant au moins 3 mois chacun n’a pas permis un contrôle optimal de la maladie.À moins d'intolérance ou de contre-indication sérieuses, ces 2 agents doivent être :

      • le méthotrexate à la dose de 15 mg ou plus par semaine;
        ou
      • la cyclosporine à la dose de 3 mg/kg ou plus par jour;
        ou
      • l’acitrétine à la dose de 25 mg ou plus par jour.

      La demande initiale est autorisée pour une période maximale de 4 mois.

      Lors d’une demande pour la poursuite du traitement, le médecin doit fournir les données qui permettent de démontrer les effets bénéfiques du traitement, soit :

    • une amélioration d’au moins 75 % du score PASI;

      ou

    • une amélioration d’au moins 50 % du score PASI et une diminution d’au moins 5 points au questionnaire DLQI;

      ou

    • une amélioration significative des lésions au niveau du visage, de la paume des mains, de la plante des pieds ou de la région génitale et une diminution d’au moins 5 points au questionnaire DLQI.

      Les demandes de poursuite de traitement sont autorisées pour une période maximale de 6 mois.

      Les autorisations pour l’étanercept sont données pour un maximum de 50 mg 2 fois par semaine.

      Les autorisations pour l'infliximab sont données pour un maximum de 5 mg/kg aux semaines 0, 2, 6 puis aux 8 semaines.

 

Principales références utilisées

Boudreau R, Blackhouse G, Goeree R, et coll. Adalimumab, alefacept, efalizumab, etanercept, and infliximab for severe psoriasis vulgaris in adults: budget impact analysis and review of comparative clinical- and cost-effectiveness. [Technology report number 97]. Ottawa : Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; 2007: 40 p.

Woolacott N, Hawkins N, Mason A, et coll. Etanercept and efalizumab for the treatment of psoriasis: a systematic review. Health Technol Assess 2006; 10(46): 252 p.

Note : D’autres références publiées ou non publiées ont été consultées.

 

Abonnez-vous à notre infolettre dès maintenant

Abonnement