Extrait d'avis au ministre

Lenvima (adénocarcinome rénal)

Dénomination commune / Sujet : lenvatinib
Nom du fabricant : Eisai
Forme : Trousse (orale solide)
Teneur : Dose quotidienne de 8 mg : 4 mg (10 caps.), dose quotidienne de 10 mg : 10 mg (5 caps.), dose quotidienne de 14 mg : 4 mg (5 caps.) et 10 mg (5 caps.), dose quotidienne de 20 mg : 10 mg (10 caps.)

Indication : Pour le traitement de l’adénocarcinome rénal avancé ou métastatique

Recommandation de l'INESSS
Inscription – Avec conditions

Décision du Ministre
Ajouter des indications reconnues aux listes des médicaments- Médicament d'exception (2023-07-06)
Surseoir à la décision (2022-08-17)

Évaluation publiée le 27 juillet 2022

Téléchargez l'Avis au ministre sur Lenvima (adénocarcinome rénal)

Extrait de l'avis au ministre sur Lenvima 429 KiO

Le cancer du rein est une maladie relativement fréquente et grave, qui touche près de 2 fois plus d’hommes que de femmes. L’adénocarcinome rénal représente 80 à 85 % de l’ensemble des cancers du rein chez l’adulte. Lorsque cette maladie est au stade avancé ou métastatique, c’est-à-dire qu’elle s’est propagée à d’autres organes, il n’existe aucun traitement pour la guérir et les patients vivent rarement plus de 5 ans. Certains médicaments ralentissent toutefois la progression de la maladie, prolongent la survie et améliorent le confort des patients, comme l’association axitinib (Inlytamc)/pembrolizumab (Keytrudamc) et l’association nivolumab (Opdivomc)/ipilimumab (Yervoymc).

Le lenvatinib (Lenvimamc) est un médicament qui ralentit la croissance des cellules cancéreuses. Il s'administre en association avec le pembrolizumab, une immunothérapie, pour prolonger la survie et ralentir la progression de la maladie. Le lenvatinib s’administre quotidiennement par voie orale, alors que le pembrolizumab s’administre par voie intraveineuse toutes les 3 semaines.

Bien qu’une étude de bonne qualité comparant l’efficacité et les effets indésirables de l’association lenvatinib/pembrolizumab par rapport au sunitinib (Sutentmc) soit disponible, elle est peu utile, car le sunitinib est aujourd’hui rarement utilisé au Québec. En effet, le traitement standard correspond plutôt à l’association axitinib/pembrolizumab et, dans une moindre mesure, à l’association nivolumab/ipilimumab, lesquelles sont reconnues plus efficaces que le sunitinib. Par conséquent, l’INESSS a apprécié plusieurs comparaisons indirectes. À la lumière de ces études, l’INESSS juge que l’efficacité du lenvatinib/pembrolizumab est globalement similaire à celle des comparateurs d’intérêts et, bien que le type d’effets indésirables diffère d’une association à l’autre, l’effet global sur le patient est comparable. L’association lenvatinib/pembrolizumab constitue donc une option supplémentaire dans le traitement de 1re intention de l’adénocarcinome rénal au stade avancé ou métastatique.

Le coût de traitement de l’association lenvatinib/pembrolizumab est élevé. Il est cependant inférieur à celui de l’association axitinib/pembrolizumab, et ce, pour des bénéfices de santé jugés similaires. L’INESSS estime que durant les 3 premières années, l’association lenvatinib/pembrolizumab entraînerait des économies d’environ 3,1 millions de dollars sur le budget du système de santé pour le traitement de 296 patients.

L’INESSS est conscient de l’importance, pour les patients et leurs proches, d’avoir accès à différentes options de traitement qui retardent la progression de la maladie et prolongent la vie le plus longtemps possible. Dans un contexte de ressources limitées, il doit formuler des recommandations pour que ces ressources soient investies de façon responsable dans l’ensemble du système de santé. C’est pourquoi l’INESSS recommande au ministre de rembourser Lenvimamc à la condition que son utilisation soit encadrée et que le fabricant contribue à réduire le fardeau économique sur le système de santé.

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