Extrait d'avis au ministre

Ebixa

Dénomination commune / Sujet : Mémantine
Nom du fabricant : Lundbeck
Forme : Comprimé
Teneur : 10 mg

Indication : Maladie d’Alzheimer

Recommandation de l'INESSS
Modification d’une indication reconnue par le Conseil – Médicament d’exception

Décision du Ministre
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Evaluation publiée le 01 février 2008

Description du médicament

La mémantine est un antagoniste sélectif et non compétitif des récepteurs N-méthyl-D-aspartate (NMDA). EbixaMC est indiqué, selon l’avis de conformité de Santé Canada, en monothérapie ou comme adjuvant aux inhibiteurs de la cholinestérase pour le traitement symptomatique de la démence de type Alzheimer d’intensité modérée à sévère.

Valeur thérapeutique

Le Conseil a reconnu la valeur thérapeutique modeste de la mémantine seulement en monothérapie chez les personnes, atteintes de la maladie d’Alzheimer avec un score au MMSE variant de 3 à 14, qui vivent dans la communauté. Des données probantes démontraient non seulement un impact sur l’état cognitif, le fonctionnement général et le comportement des sujets, mais aussi une réduction du fardeau des aidants.

Cependant, l’application de ce critère peut entraîner une problématique lors de l’arrêt brusque du traitement par les inhibiteurs de la cholinestérase. En effet, selon l’indication reconnue, les personnes traitées avec un inhibiteur de la cholinestérase, doivent d’abord cesser ce dernier avant de se voir rembourser la mémantine par le Régime général d’assurance médicaments. Or les cliniciens préconisent une période de sevrage d’un mois de la médication afin de limiter le risque d’un syndrome de retrait à la suite d’un arrêt brusque d'un inhibiteur de la cholinestérase. De plus, deux études d’observation (Rainer 2001, Minett 2003) et une série de cas (Singh 2003) suggèrent que l’arrêt brusque du traitement par les inhibiteurs de la cholinestérase peut entraîner de l’agitation, des changements d’humeur et une détérioration de la symptomatologie comportementale, chez les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Ainsi le Conseil est d’avis que pour les personnes traitées par un inhibiteur de la cholinestérase chez qui un passage à la mémantine est requis, l’usage concomitant des deux médicaments est jugé souhaitable pendant cette période. Cette façon de faire permet de procéder à une titration à la baisse de la dose de l’inhibiteur de la cholinestérase et d’atteindre la dose d’entretien de mémantine. Le Conseil a donc recommandé de modifier l’indication reconnue afin d’autoriser un usage concomitant de ces deux médicaments durant la période de sevrage.

Conclusion

Dans le but de permettre l’administration concomitante de l’inhibiteur de la cholinestérase et de la mémantine pendant la période de titration à la baisse de la dose de l’inhibiteur, le Conseil a recommandé la modification de l’indication reconnue et du critère d’utilisation. La modification est la suivante :

  • en monothérapie chez les personnes qui souffrent de la maladie d’Alzheimer de stade modéré ou grave vivant à domicile, c’est-à-dire qui ne vivent pas dans un Centre d’hébergement et de soins de longue durée public ou privé conventionné;

    Lors de la demande initiale, les éléments suivants doivent être présents :

    • score au MMSE variant de 3 à 14;

    • une confirmation médicale du degré d’atteinte (domaine intact, atteinte légère, modérée ou grave) dans les cinq domaines suivants :

      • fonctionnement intellectuel, y compris la mémoire;
      • humeur;
      • comportement;
      • autonomie pour les activités de la vie quotidienne (AVQ) et les activités de la vie domestique (AVD);
      • interaction sociale y compris la capacité à tenir une conversation.

      La durée d’autorisation initiale d’un traitement à la mémantine est de 6 mois à partir du début du traitement.

      Toutefois, dans le cas où la mémantine fait suite à un traitement avec un inhibiteur de la cholinestérase, l’usage concomitant de ces deux médicaments est autorisé pour une période d’un mois.


      En ce qui concerne les demandes subséquentes, le médecin doit fournir l’évidence d’un effet bénéfique confirmé par la stabilisation ou l’amélioration des symptômes dans au moins trois des domaines suivants :

      • fonctionnement intellectuel, y compris la mémoire;
      • humeur;
      • comportement;
      • autonomie pour les activités de la vie quotidienne (AVQ) et les activités de la vie domestique (AVD);
      • interaction sociale, y compris la capacité à tenir une conversation.

      La durée maximale de l’autorisation est de 6 mois.

Principales références utilisées

Gauthier S, Emre M, Farlow MR, et coll. Strategies for continued successful treatment of switching cholinesterase inhibitors. Curr Med Res Opin 2003; 19(8): 707-14.

Minett TS, Thomas A, Wilkinson LM, et coll. What happens when donezepil is suddenly withdrawn? An open label trial in dementia with Lewy bodies and Parkinson’s disease with dementia. Int J Geriatr Psychiatry 2003; 18: 988-93.

Rainer M, Mucke HAM, Krüger-Rainer, et coll. Cognitive relapse after discontinuation of drug therapy in Alzheimer’s disease: cholinesterase inhibitors versus nootropics. J Neural Transm 2001; 108: 1327-33.

Singh S, Dudley C. Discontinuation syndrome following donezepil cessation. Int J Geriatr Psychiatry 2003; 18: 282-4.

Note : D’autres références publiées ou non publiées ont été consultées.

 

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