Extrait d'avis au ministre

Brukinsa (lymphome à cellules du manteau)

Dénomination commune / Sujet : zanubrutinib
Nom du fabricant : BeiGene
Forme : Caps.
Teneur : 80 mg

Indication : Traitement des patients adultes atteints d'un lymphome à cellules du manteau

Recommandation de l'INESSS
Refus d’inscription

Décision du Ministre
Ne pas inscrire aux listes des médicaments (2022-09-28)

Evaluation publiée le 31 août 2022

Téléchargez l'Avis au ministre sur Brukinsa (lymphome à cellules du manteau)

Extrait de l'avis au ministre sur Brukinsa 279 KiO

Le lymphome à cellules du manteau est un type de cancer des ganglions qui est grave, incurable et qui progresse généralement rapidement. L’âge médian au moment du diagnostic est de 68 ans et les personnes atteintes de ce type de cancer ont une espérance de vie d’environ 3 à 4 ans. Les traitements actuellement disponibles pour le lymphome à cellules du manteau visent à ralentir la progression de la maladie et à améliorer le confort des patients. Le traitement initial est constitué d’une chimiothérapie en association avec le rituximab (RituxanMC), suivi pour certains patients d'une autogreffe de cellules souches, puis d’un traitement d’entretien par le rituximab durant 3 ans. Ces traitements sont administrés à l’hôpital. Pour certains patients, la maladie ne répondra pas au 1er traitement alors que la majorité des autres patients présenteront éventuellement une récidive de la maladie. À ce stade de la maladie, l’ibrutinib (ImbruvicaMC), inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton qui s’administre par la bouche, est le traitement privilégié actuellement.

Le zanubrutinib (BrukinsaMC), autre médicament de la même classe pharmacologique que l’ibrutinib et s’administrant aussi par la bouche, agit en empêchant le fonctionnement normal de la tyrosine kinase de Bruton. Il est indiqué chez les patients lorsque leur cancer récidive après un 1er traitement.

L’évaluation du zanubrutinib repose sur une étude de faible qualité. Elle n’a pas comparé l’efficacité et les effets indésirables de ce médicament à d’autres traitements, notamment l’ibrutinib. De plus, les patients ayant déjà reçu un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton ont été exclus de cette étude. Elle rapporte que le zanubrutinib permet à 84 % des patients de voir le cancer dont ils sont atteints régresser de façon plus ou moins importante. Le zanubrutinib provoque des effets indésirables de même type que l’ibrutinib, mais leur fréquence peut différer. Il semble causer notamment plus de neutropénies (une réduction de certains globules du sang augmentant le risque d’infection), mais moins de fibrillation auriculaire (une sorte d’arythmie cardiaque). Considérant les nombreuses limites des données soumises par le fabricant, il est difficile d’apprécier l’ampleur de l’effet réel du traitement en comparaison avec le standard de soin actuel et qui répond déjà en très grande partie au besoin de santé. De plus, on ne dispose d’aucune donnée concernant l’effet du médicament sur la qualité de vie de ces patients. Somme toute, l’INESSS n’est pas en mesure de reconnaître la valeur thérapeutique du zanubrutinib pour l’indication demandée.

Ainsi, puisque la valeur thérapeutique de BrukinsaMC n’est pas reconnue, les 4 autres aspects prévus par la loi n’ont pas été évalués. Ceux-ci sont la justesse du prix, le rapport entre le coût et l’efficacité du traitement, les conséquences, sur la santé de la population et sur les autres composantes du système de santé, de l’inscription de ce médicament sur la liste, ainsi que l’opportunité de l’inscrire au regard de l’objet du régime général.

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