Revue de l'utilisation des antibiotiques dans les infections des voies respiratoires en pédiatrie

2008-07-01 | Médicaments: Usage optimal

Cette étude est née de la volonté commune du Collège des médecins du Québec et du Conseil du médicament de documenter l’utilisation des antibiotiques en pédiatrie au Québec. L’émergence de souches de bactéries qui ont développé des résistances aux antibiotiques est très préoccupante, et la fréquence élevée des ordonnances d’antibiotiques serait un élément qui contribuerait au développement de ces résistances. Plusieurs auteurs ont rapporté une utilisation fréquente et souvent inappropriée des antibiotiques dans le traitement des infections des voies respiratoires (IVR) chez les jeunes enfants. Cette étude a pour principal objectif d’apprécier l’usage des antibiotiques dans le traitement des IVR courantes chez les enfants, au regard de sept critères d’usage optimal élaborés à partir des lignes directrices reconnues. Ces critères concernent le choix de l’antibiotique prescrit, la dose de l’antibiotique et la durée du traitement, l’usage des antibiotiques pour traiter les infections virales et la prescription d’un test diagnostique préalable à l’antibiothérapie dans le cas des pharyngites-amygdalites non compliquées.

Une revue de l’utilisation des médicaments rétrospective a été effectuée chez des enfants âgés de trois mois à six ans qui ont été vus par un médecin pour une IVR, dans un contexte de consultation sans rendez-vous. La collecte des données a été effectuée dans des dossiers médicaux pour des consultations ayant eu lieu entre le 1er janvier et le 31 mars 2004, principalement dans six régions du Québec.

Quelque 11 046 enfants ont été échantillonnés, dont 4 025 étaient couverts par le régime public d’assurance médicaments et 7 021 par un régime privé. Globalement, 55 % des enfants ont reçu une ordonnance d’antibiotiques à la suite de la consultation pour une IVR. Dans les cas d’otite, de pharyngite-amygdalite ou de rhinosinusite, 49 % des enfants ont reçu un antibiotique autre que l’amoxicilline (ou la pénicilline V) comme traitement de première intention. Lorsqu’une antibiothérapie était prescrite en deuxième intention à la suite de la prise d’un traitement de première intention recommandé, le choix de l’antibiotique était conforme aux recommandations dans 19 % des cas. Lorsque l’amoxicilline était prescrite pour traiter une otite ou une rhinosinusite, la dose prescrite était conforme dans plus de 75 % des cas. Les doses d’amoxicilline prescrites étaient le plus souvent les doses standards. Les durées de traitement des antibiotiques prescrits étaient conformes aux recommandations dans 95 % des cas.

Lorsqu’ils avaient consulté pour une infection virale non compliquée, 87 % des enfants n’avaient pas reçu d’ordonnance d’antibiotiques. La prescription d’antibiotiques était toutefois élevée dans les cas de bronchite aiguë et de rhinosinusite non compliquées. Lorsqu’un antibiotique était prescrit pour traiter une pharyngite-amygdalite, un test diagnostique avait été effectué au préalable dans 39 % des cas.

Les résultats de cette étude montrent que l’utilisation des antibiotiques dans le traitement des infections virales au Québec aurait diminué et sont très encourageants. L’utilisation des antibiotiques n’est toutefois pas toujours conforme aux recommandations, particulièrement en ce qui concerne le choix de la molécule utilisée en première ou en deuxième intention ainsi que leur utilisation dans le traitement de la rhinosinusite et de la bronchite aiguë non compliquées.

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