Personnes immunosupprimées mise à jour complétée le 24-09-2020)

CONSTATS DE L’INESSS (mise à jour complétée le 24-09-2020)

La recension de la littérature effectuée par l’INESSS vise à définir les clientèles généralement considérées comme étant immunosupprimées dans une perspective de meilleure prise en charge clinique par le réseau de la santé et des services sociaux. Les restrictions et mesures à mettre en place pour les travailleurs pouvant présenter ces conditions sont pour leur part établies par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Basé sur la documentation scientifique disponible au moment de sa rédaction et sur l’opinion des cliniciens consultés, malgré l’incertitude existante dans cette documentation et dans la démarche utilisée de recension, l’INESSS met en lumière les éléments suivants : 

  • Les conditions d’immunosuppression identifiées par le groupe d’experts comme étant à risque élevé de complications à la suite d’une infection à la COVID-19 sont les suivantes :
    1. Personne sous chimiothérapie/radiothérapie active pour un cancer hématologique ou une tumeur solide.
    2. Personne greffée du foie selon l’une des conditions suivantes :
      • La greffe a eu lieu il y a moins d’un an;
      • Il y a eu un traitement de rejet dans les 6 derniers mois;
      • Le régime d’immunosuppresseurs a été augmenté dans les 6 derniers mois;
      • Le traitement associe deux immunosuppresseurs ou plus.Personne greffée du cœur, du poumon, du pancréas, de l’intestin, de l’intestin-foie, de l’intestin-pancréas et autres greffes multiviscérales.
    3. Personne greffée du cœur, du poumon, du pancréas, de l’intestin, de l’intestin-foie, de l’intestin-pancréas et autres greffes multiviscérales.
    4. a)   Personne adulte greffée du rein.
      b)   Enfant greffé du rein selon l’une des conditions suivantes :
      • La greffe a eu lieu il y a moins de 6 mois ; 
      • Il y a eu un traitement de rejet dans les 6 derniers mois ;
      • Le régime d’immunosuppresseurs a été augmenté de façon significative dans les 6 derniers mois, selon le jugement clinique du médecin traitant en transplantation.
    5. Personne greffée de cellules souches hématopoïétiques (greffe de moelle osseuse, cordon…) selon l’une des conditions suivantes :
      • Selon le type de greffe et l’évaluation de la reconstitution immunitaire par le médecin greffeur.
      • Pendant le traitement immunosuppresseur ;
      • En présence d’une réaction du greffon contre l’hôte (GVHD) active.
    6. Personne qui reçoit de hautes doses de corticostéroïdes, en présence de toutes les conditions suivantes :
      • Le traitement est administré par voie systémique (orale ou intraveineuse) ;
      • Le traitement est administré pour une période de 2 semaines ou plus ;
      • La dose quotidienne est plus élevée que 20 mg de prednisone (ou son équivalent) chez l’adulte ou 0,3 mg/kg chez l’enfant.
    7. Personne qui reçoit un traitement immunosuppresseur de forte intensité déterminé par le médecin prescripteur, particulièrement en association avec une comorbidité significative (p. ex. : diabète, obésité) ou un traitement concomitant quotidien de prednisone (ou son équivalent) à une dose d’au moins 5 mg.
    8. Personne qui présente une immunodéficience primaire essentiellement de l’immunité cellulaire.
    9. Personnes avec le VIH dont le nombre de cellules CD4 est inférieur à 200/mm3, ou qui présentent un VIH non contrôlé (charge virale détectable) ou des manifestations cliniques d’un SIDA symptomatique.
  • Il est à noter que d’autres conditions potentielles d’immunosuppression ont été discutées, mais n’ont pas été retenues parmi la liste principale ci-haut. Ces conditions devraient être évaluées individuellement et les mesures nécessaires devraient être établies lors d’une consultation entre le patient et son médecin prescripteur.
  • Bien qu’aucune donnée ne permette de conclure que les personnes immunosupprimées sont plus à risque de contracter l’infection à la COVID-19, les experts soulignent que celles-ci sont, en temps normal, généralement plus vulnérables aux infections bactériennes ou virales.
  • Selon les experts consultés, les personnes immunosupprimées présentant un risque élevé de développer des complications dans le cadre d’une infection à la COVID-19 devraient bénéficier d’une évaluation précoce et d’un suivi plus étroit en présence de symptômes compatibles avec la COVID-19.
  • Les traitements immunosuppresseurs en cours ne devraient pas être interrompus en prévention d’une infection à la COVID-19.
  • En présence d’une infection active à la COVID-19, l’interruption ou le report du traitement avec un médicament biologique pourrait être envisagé, sur consultation avec le médecin traitant. Si le traitement a été modifié ou interrompu, il devra être repris lorsque le patient se sera remis de l’infection.

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